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nouroufaydatou
Description du blog :
L'ETOILE MUSULMANE (DAHIRATOUL NOUROU FAYDATOU TIJANYA) BAYE NIASSE LA LUMIERE DU MONDE...
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
20.10.2006
Dernière mise à jour :
20.10.2006

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L'ETOILE MUSULMANE - NOUROU FAYDATOU TIJANYA

Publié le 20/10/2006 à 12:00 par nouroufaydatou
L'ETOILE MUSULMANE - NOUROU FAYDATOU TIJANYA
RETROUVEZ-NOUS SUR http://etoilemusulmane.skyrock.com

L' ASSOCIATION "L'ETOILE MUSULMANE" (et son DAHIRA "NOUROU FAYDATOU TIJANYA") A POUR OBJECTIF DE METTRE AU SERVICE DU MONDE LES BIENFAITS DE L'ISLAM AFIN DE PARTICIPER AU BIEN-ÊTRE ET A L'EPANOUISSEMENT DES HOMMES ET DES FEMMES, SEULS GAGES D'UNE PAIX DURABLE SUR LA TERRE.. Dakar-Sénégal Contact: moukhadam@hotmail.com http://etoilemusulmane.skyrock.com

NOTRE DEVISE: NAHNOU ANSAROULAH.

NOTRE CREDO: "RUHUL ADAB": La Quintessence des Bonnes Convenances (ECRIT de CHEIKH AL ISLAM dit BAYE NIASSE).

1.Ibrahim ,fils d'EL Hadji Abdoullah ,notre brillante pleine lune,
2.Apres avoir commence par le nom d'Allah ,j'exprime tous mes remerciements a Allah,le Bienfaisant le Glorieux
3.Cet ouvrage est un conseil pour mes freres qui devraient (tenir fermement) prendre la Tariqa Tijania,le Chemin de la Vertu et la Benediction etablie sur la base de la Sunna et du Coran,
4.Persistes en faisant les services obligatoires de la tariqa.Par cela,tu atteindras des benefices et la realite
5.Tu ne tireras pas un benefice par une simple initiation (dans la tariqa) a moins que tu colles a son execution une bonne conduite
6.Tu devrais observer ses regles comme elles ont ete etablies et sois familier a son code de conduite.
8.T u devrais respecter tous les freres qui sont dans la tariqa, en particulier les leaders qui devraient etre obeis
9.En executant les services (en vers Dieu), tu devrais te concentrer avec le respect qu'il faut autant que tu pourras
10.Sois de bonnes manieres ouvertement et secretement.Avec cela tu seras eleve a des hauts niveaux
11.Aies en memoire l'image de ton cheikh qui t'a initie spirituellement de meme que celle de ton grand Cheikh ,sans aucun doute
12.Penses plus a Dieu et garde le silence car la solitude pourrais etre un avantage
13.Cherches un sincere et bien informe educateur qui a une parfaite conaissance de Dieu et qui est un guide droit.
14.Soumets toi totalement a lui ,Tu devras toujours etre comme un cadavre devant lui et l'informer de tes conditions
15.Ne le contredis jamais.Meme si ses opinions paraissent fausses ,imites le toujours
16.Ce qui apparait comme errone d'un cheikh est,devant un sage Mourid(disciple),plus correcte et approprie.
17.Ne prete attention a personne d'autre dans ce monde
18.Soit avec lui (ton Cheikh) fermement,comme si rien d'autre n'existait au monde.
19. Le mourid n'a aucune autre personne au-dessus de ce saint (Cheikh Tijani RLA) ainsi que le Messager d'ALLAH(SAW)et notre Seignuer le Tres Grand
20.Tant qu'il existe un rival a ceux-la (susmentionnes) dans l'esprit du (Mourid),il ne pourra jamis atteindre la vraie connaissance d'ALLAH.Je le dis avec certitude.
21.Sois toujours avec le Cheikh et tu gagneras beaucoup.Il faut beaucoup l'aimer et tu reussiras.
22.Ton avancement spirituel sera proportionnel a l'amour que tu portes envers lui (ton cheikh) ainsi disaient les Soufis
23.Depense ta nouvelle et ancienne richesse a la recherche de son plaisir et suis rapidement ses instructions
24.Satisfais ton Cheikh meme s'il t'inflige un mauvais traitement.Realise qu'il t'a conduit a ce qui sera pour toi un benefice pour toujours.
25.Sois tres conscient du temps (pour les services d'ALLAH).Evites la paresse afin qu'un teste ne te releve une regression (declin spirituel).
26.Si tu es comble de Graces (d'ALLAH),ne soit pas trop gai.Tu devrais aussi accepter le contraire (chagrin) quand il arrive.
27. Les deux (grace et chagrin) sont tous [provenant] d'ALLAH.En verite ALLAH est a l'abri de tout blame pour tout ce qu'Il fait.
28.Ne te plains pas beaucoup du mal que t'infligent les gens,comme si tu n'etais pas cree pour etre teste avec de telles choses.
29.Des plaisirs te viendront des gens comme pour te detourner vers eux,alors que ton orientation c'est vers ALLAH.
30.Si tu es teste avec des difficultes et des problemes, sois patient.Soulagement et allegresse s'ensuivront bientot.
31.bis Chaque nuit est suivie d'un jour comme chaque difficulte d'une aisance.
32.bis.bis En verite chaque difficulte est suivie d'un double soulagement comme cela a ete rapporte par Ahmad du clan de Adnan.
33.Si tu comprends ce qui est susmentionne,tu seras toujours satisfait et content des jugements d'ALLAH.
34.bis Si tu cherches quelque chose et que tu ne l'as pas,Celui qui l'a rejete(ALLAH)sait pourquoi,alors que toi tu l'ignores.
35.Il empeche ce qui te nuira hors de sa Misericorde.Ne blame pas notre Seigneur pour tout ce qu'Il fait,sinon tu deviens maudit.
36.bis i les gens savaient comment Allah repand sa Grace sur nous,ils sauraient supporter toute difficulte avec allegresse.
37.Ne desires pas etre honorer par n'importe quelle creature sans pour autant lutter afin d'etre honorable au regard d'ALLAH.Ne le fais jamais.
38.Au lieu d'etre content d'un don quand tu es favorise,sois plutot content du Donneur si tu es sage.
39.Ne meprise pas un compagnon musulman et ne remarque pas les defauts des autres(saches que)tes propres defauts sont connus par les autres.
40.bis Bon nombre d'entre eux habille en locks,couverts de poussiere,quand il font un serment au nom d'ALLAH Il l'exauce comme cela a ete repporte.
41.N'inflige pas un mal a un musulman,meme s'il est manifeste qu'il t'a offense.Essaye toujours de pardonner tes offenseurs.
42.Certainement,cette creature(que tu es entrain de faire du mal)est un serviteur d'ALLAH. Oh mon frere ne fais pas de mal a un serviteur d'ALLAH.
43.bis Il ne te plaira pas qu'on fasse du mal a ton propre serviteur(meme s'il est en faute).Donc tu devrais craindre ALLAH et penser a LUI.
44.Sois toujours chagrine par tes peches et souviens toi aussi bien de la mort que des enquetes qui t'attendent apres la mort.
45.bis Saches qu'il est indispensable que tu cherches d'abord le savoir et demeure dans les regles divine.
46.Je jure sur ma vie que la connaissance est le guide de toute les actions,comme cela a ete rapporte par TA-HA,le meilleur de tous les prophetes.
47.Oh!toi qui suis le chemin spiritueldu Tassawouf,obtiens quatre(4)type de connaissance:
48.Le premier est la connaissance en Dieu,
49.Le second est de savoir ce qui est lie a l'adoration(d'ALLAH) qui mene a la certitude,
50.Le troisieme est de connaitre les etats d'esprits,les tromperies,les tours et les maux.
51.L'esprit a son propre defaut,de meme que l'ame.
52.La vie aussi a ses propres faiblesses et sans aucn doute.
53.Sois vraiment discipline en voyage spirituel(avancement)parce que c'est la porte du succes de chaque voyageur spirituel.
54.Tu devras craindre ALLAH tout le temps et etre humble.Tu ne perdras pas ton respect en etant humble.
55.La connaissance,la richesse et la fertilite se presentent avec des signes de rabaissement .Exemple:les noms avec des accents situes en bas (en arabe)
56.L'ignorance,la pauvrete et la sterilite en verite, se presentent avec des signes d'elevation .Exemple:les noms avec des accents situes au dessus des premieres lettres (en arabe)
57.Ce qui est susmentionne constitue des signes de reflexions si tu es sage.Essaye de raisonner et tu comprendras.
58.L'eau courante ne s'arrete et ne stagne jamais sur une colline,ni sur les sommets des arbres.
59.Ne sois pas satisfait de toi meme(Nafsou),ne leve pas les yeux sur les autres et ne crains rien d'autres sinon ALLAH
60.Oh!mon frere,ne sois pas arrogant,ni mechant et evite de te faire montrer.Dirige toujours ton esprit vers ton Seigneur(ALLAH).
61.Le fait d'etre arrogant du,soit a la connaissance ou a la noblesse de naissance,soit a la compagnie sociale ou a l'acte d'adoration est detestable.
62.Le peche commis qui apporte l'humilite a une personne est meilleur que l'acte d'adoration qui le pousse a etre arrogant.
63.Tu ne peux pas t'empecher de faire des actions blamables a condition que tu te soumettes a ton Cheikh qui connait ALLAH.
64.Demeure strictement dans l'enseignement des Cheikh si tu veux vraiment atteindre la haute gloire
65.Le meilleur des Cheikh a suivre parmi tous est notre guide Tijani ,le Prestigieux .
66.Il est le lien entre ceux qui connaissent Dieu et la source(de leur connaissance) et le soleil (qui illumine)
67.Et le meilleur des tariqs est aussi la sienne sans aucun doute
68.IL est interdit de combiner cette tariqa avec une autre .
69.Celui qui preche pur cela est un perdant dans l'Au-dela.
70.Quiconque dit cela a menti et a fabrique un serment falsifie contre Allah le tres Haut ,le Tout Puissant.
je confirme avec insistance que ce Wird se suffit a lui meme.
71. Tu devrais te concentrer a la recitattion du Wird de cette Tariqa .Alors je jure (sur ma vie) que tu sreras guide et atteindra ton but(ALLAH).
72.Continue de reciter les implorations ,salatoul fatiha et allahoumma aleyka mouhawali(pur l'obtention spirutuelle)
73.En plus de ce qui est mentionne en haut,tu devras reciter les autres prieres preparees(collectees) par les autres erudits de cette tariqa(Tihjani) si tu es capable de les garantir.
74.a Mais les prieres speciales (Sirris) ne sont pas facilement obtenues,sinon avec beaucoup de lutte et en restant avec eux.
75.Mais au dela de cela ,tu auras aussi apersister a la recitation de tout ce qui'il t'a ete donne et rester fermement avec les conseils.
76.a Oh toi a qui l'existence est dissous en Allah ,preferes ne pas discuter avec les camarades quand tu es assis avec lui(TOn Cheikh).
77.Si tu fais ,tu ne devrais pas esperer gagner des secrets divins ,comme ils ne sont pas obtenues en public.
78.Si tu restes avec lui,tu combleras definitivement tous les defauts .En verite ,tu gagneras de lui(Ton Cheikh) quelques lumieres puissantes dans l'esprit.
79.C'est certain avec les hommes d'Allah.Ainsi,reveilles toi.
80.Quiconque ne connaisssent pas la vraie connaissance du bienfaisant(Allah) sa vie est entravee pur toujours.
81.Allah a dit je n'ai cree ces etres pur qu'ils me servent.Service signifie ici qu'ils devraient me connaitre.
82.Ne relaches pas ton effort en cherchant la connaissance d'Allah et tu verras alors les merveilles d'etre aupres du Binfaisant.
83.Allah se manifeste toujours de toute chose ,sur toute chose et avec toute chose,avant et aupres toute chose,pur toujours.
84.Si tu souhaites augmenter ta foi alors repands toi avec sincerite et sois droit.
85.Ne hais jamais un musulman ,ni se facher contre lui ,a moins qu'l rabaisse la totalite des lois divines.
86.Observes constamment les prieres nocturnes ,supportes la faim ,nourris toi de ce qui est legal et pur,et prends acte des interdits
87.Conseilles toujours aux gens de faire .Gardes le silence ,aies de la courtoisie vis-a vis des gens d'intelligence(Soufis) et de bonne conduite parmi tes amis.
88.Une personne se deplac avec son meilleur ami en croyance.
89.Si l'ami est bon ,elle aussi le sera.Si l'ami est comme un animal,elle aussi le sera.
90.Rappelles toi le plateau(our peser les actes) ,le deploiememt du livre d'enregistrement ,et ce que Jahim(feu de l'enfer) contient en terme de chatiment perpetuel.
91.a Et souviens toi cee qui est au paradis ,comme les belles femmes ,les bons voisins et les maisons convenables.
92.Continues d'observer les services qui eradiquent les peches .Le plus certain d'eux est la Salat de ce Khoutboul(Cheikh Tijani RLA).
93.Parmi eux,il y'a la recitation de Mousabiatou Ashara ,l'imitation de celui qui appelle(Adhan) a la priere.Ainsi prend acte de cela.
94.Il y 'a diverses prieres dans la Tariqa mais la salate occupe une plus haute position.
95.Salatoul Tasbihi en est une, recitation de la Tasbihi aussi bien que la lecture du Coran en est une autre.Sois ferme a ces activites.
96.aDeux rakas executees en secrets et aller a la mosquee eradiquent tes peches.
97.Executer les ablutions proprement ,guider l'aveugle ,assister tes freres en resolvant leurs problemes et autres actions genereuses.
98.Mediter beaucoup sur Dieu comme si tu comptais les vagues de la mer dans la meditation.Serrer la main aux caramades sont des avantages que tu ne dois pas rater.
99.Vivre dans la vie islamique ,jeuner le mois de ramadan et prier pendant les nuits de ramadan constituent tous des eradiqueurs de peches.
100.Aller au pelerinage a la Mecque et a Medine ,executer le petit Hadj(Oumra),offrir de l'aumone secretement a pertir de l'argent obtenu loyalement.Cest un clair Sadaqa.
101.aEnseigner aux petits enfants tout le Coran ,prier en public tout le temps.Tout cela est aussi mentionne dans le Livre (comme eradiqueur de peche).
102.Ici,il y a de mauvaises actions qui durcissent le coeur ,empechant ainsi la crainte d'Allah.Parmi elles,le fait de se montre est pire.
103.Etre comique ,medisance,mauvaise compagnie ,indecence,calomner et mauvais esprit.
104.Evites de suivre toujours ton interet de de te tourner vers lamour de ce monde et ses materiels qui scintillent.
105.Restes a la maison et evites beaucoup les discussions mondaines ,ne t'interesses pas aux discussions inutiles et ne te disputes pas.
106.Evites de decouvrir les fautes des gens .Essayes de te mettre en dehors de ca avec toute ta force.
107.Donnes de l'argent comme aumone pour l'amour de Dieu ,visites les tombes des freres musulmans (et pries pur eux) sans limites
108.Ne jures pas a moins que tu n'aies pas un autre moyen.tu devras baser les choses sur la volonte d'Allah a chaque fois que tu jures.
109.Je conclus mon conseil a mes freres ,bref comme ca ressemble a une mode de cette epoque
110.Ecrit en l'an deux ajoute de quarante avec trois fois cent plus mil (en 1342) de l'hegire
111.j'ai donne a ce poeme le titre ROUHOU ADB par ce qu'il contien de la sagesse et une bonne education.
112.Agree par cette versification l'ensemble des croyants ,O notre Seigneur par la Grace du Meilleur des Envoyes
113.Fais qu'elle soit pour ta noble Face ,O Seigneur ,O Doux, O Clement,O Misericordieux
114.Ne delaisse pas [o lecteur] la memorisation de cette versification par ma qualite d'etre jeune en age dans un pays non-arabe
115.Certes,c'est Allah qui privilegie par ses dons qui Il veut ,certes Allah est le Pourvoyeur des Dons Immenses et est Celui qui a la Volonte
116.c'est dans cette optique magnifique que le Serviteur de Taha ,le Malekite en l'occurence le Saint nomme Ahmad [Bamba] a dit:
117.Ce n'est pas la noirceur de la peau qui est facteur de l'idiotie et la mauvaise comprehension d'un homme
118.O Seigneur,O Seigneur par la Grace du Guide (Al Hadi) ,eloigne de nous le mal de tout ennemi
119.Pourvoie -nous une parfaite gnose et (satifait) nos ambitions par la Grace du Meilleur [de la Tribu ] des Adnan
120.Dissimule nos defauts par ta dispension belle et domptes nos ennemis par ta Force Majestueuse
121.Louange a Allah qui a facilite ma versification ,c'est Lui vraiment le Seigneur Digne de louange
122.Puis que la Priere accompagne d'un Salut soient au Prophet Le Choisi (Al Moustapha),le Meilleur des Hommes
123.a lui a sa famille au compagnons vertueux tant que tout patient obtient la gnose (al ma'rifa)





DISCOURS PRONONCE PAR CHEIKH AL ISLAM LORS DU MAWLOUD (cérémonies commémoratives de la Naissance du Prophète - PSL) en 1386 –

Comme il avait coutume de le faire lors des grandes fêtes de la Religion –dressant l’état de l’Islam au niveau mondial et rappelant les principes éternels de la religion, avec cette fois une invite spéciale à la jeunesse.
Ce discours a été relu et traduit en wolof lors du mawluud de 1418 (1997) par Cheikh Ibrahim Mahmud Diop. La traduction des versets de Coran est celle du Professeur Hamidullah.


Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux. Louange à Allah l’Un , l’Unique, le Soli-taire , l’Absolu, le Souve-rain, le Pur, l’Apaisant, rien ne Lui ressemble, et c’est Lui l’Entendant , le Voyant et le Savant. Je Le loue, Gloire et Pureté à Lui, de ce qu’il nous a comblé de bienfaits, de faveurs et d’honneurs, le Plein de Majesté et de Munifiscence . Et clôtura ses biens en nous envoyant le Prophète (PSL), notre Seigneur Mouhammad fils d’Ab-dallah porteur de la haniifa, religion de la croyance et de la soumission, et lui choisit la voie de la Charia, et lui apprit les principes, le licite et l'illicite " C’est lui qui a envoyé Son Messager avec la guidée et la religion de vérité pour la faire triompher de toute religion. Dieu suffit cependant comme témoin .(48 :28) ". Et il (psl) guida (les humains) par l'Islam, après l’éga-rement et dirigea dans la bonne voie, après la dispersion et l’adversité. Dieu dit à ce pro-pos : " Cramponnez-vous ensemble au câble de Dieu ; et ne soyez pas divisés ; et rappelez-vous le bienfait de Dieu sur vous : lorsque vous étiez ennemis c’est lui qui réconcilia vos cœurs ; puis par Son bienfait, vous êtez devenus frères. Et alors que vous étiez au bord d’un abîme de feu, c’est Lui qui vous a sauvés. Ainsi Dieu vous expose Ses signes. Peut-être vous guiderez-vous ? (3 :103) ".
Cheikh Al-Islam Ibra-hima Niass (1900-1975)
Et Il dit aussi " Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur la terre, tu n’aurais su mettre de l’affection entre leurs cœurs ; mais c’est Dieu qui mis de l’affection entre eux. Il est Puissant, Sage, vrai-ment. (8 :63) ".
Ainsi les Musulmans devinrent comme un seul corps et comme des briques soudées. Les peuples musulmans dans leur globalité sont un et indivisible : la meilleure communauté sortie pour les hommes " Oui, cette communauté, la vôtre, est une seule com-munauté tandis que je suis votre Seigneur. Adorez-Moi donc. (21 :92) ".
A l’occasion des fêtes commémoratives de la naissance du glorieux prophète, Je réitère mon appel à toute les nations afin qu’elles rejoignent le bonheur c’est-à-dire l’a-dhérence à la religion d’Allah l’Eternel ,reli-gion de la soumission ,de la Paix, de la fraternité ,de la liberté et de la légalité .Je dis à la suite du Seigneur : " Dis : " O gens du livre, venez-en à un dire qui soit commun entre vous et nous : nous n’adorions que Dieu sans rien Lui associer, et que parmi nous nul n’en prenne d’autre pour seigneur en dehors de Dieu " - Puis, s’ils tournent le dos, eh bien, dites : " Soyez témoins que, oui, c’est nous qui sommes les Soumis " (3 :64) ". Je réaffirme mon appel aux musul-mans dont le nombre atteint aujourd’hui Sept cent millions d’âmes ou plus, à davantage d’adhé-sion à cette religion et à davantage de compré-hension de la volonté divine et de son prophète (psl). Le Coran n’a de cesse insisté et appelé au rappel (Zikr) à la méditation (tafakkur) , au discernement (nazr), et à la recherche perpétuelle du savoir et du savoir faire (l’action par la science). Certes l’Islam prend en charge l’ensem-ble des besoins de la créature si celle-ci s’en tient à ses principes. " A ceux qui croient, parmi vous, et qui font œuvres bonnes, Dieu a promis que très certainement, Il les ferait lieutenants, comme Il a fait ceux d’avant eux – et que très certainement Il raffer-mirait pour eux leur religion qui Lui agrée, et que très certainement, Il changerait en sécurité leur crainte. Ils m’ado-reront, et ne M’asso-cieront rien. Et quicon-que mécroit, après cela, alors, les voilà les pervers ! (24 :55) ". Et les promesses d’Allah ne tardent jamais à se réa-liser. Si les affaires des musulmans vont mal, la cause est à rechercher en eux-mêmes. Dans un autre verset Allah a dit ( () Et jamais Dieu ne donnera voix aux mécréants contre les croyants (4 :141) ". Par contre, s’ils trouvent voix contre nous (musulmans), ou une partie d’entre nous , la cause nous en incombe , non aux promesses divines. Le livre (Al Quraan) , qui a parlé de ces promesses est le livre "à qui le Faux ne parvient ni de devant lui ni de derrière lui, descente de la part d’un Sage, d’un Digne de louange. (41:42) ".
Mes chers frères ,l’Islam ne peut être complet qu’à deux conditions : la Foi et la Loi.
La déclaration publique de la foi est incon-tournable " Dites " Nous croyons en Dieu et en ce qu’on a fait descendre vers Abraham, Ismaïl, Isaac, Jacob et les tribus, et en ce qui été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur : nous ne faisons de différence entre aucun d’eux. Et à Lui, nous sommes soumis " (2 :136) ". La résultante de la foi est la croyance, et celle de la loi, les bonnes œuvres et un caractère doux .Et les bonnes œuvres sont : L’Office de prières, le Jeûne, l’Aumône légale, et le pèlerinage (Quant à ceux qui croient et font œuvres bonnes, oui, ils ont pour hôtel les jardins du firdaws. Où ils demeureront éter-nellement sans chercher à en bouger. (18 :107-108) ". " Oui, ceux qui disent : " Notre Seigneur est Dieu ", et qui s’y tiennent, les anges descendent sur eux : " N’ayez pas peur, et ne soyez pas affligés ; mais ayez bonne nouvelle du paradis qui vous a été promis  Nous sommes pour vous des Amis, dans la vie présente tout comme dans l’au-delà ; et là, il y aura pour vous ce que vos âmes désireront, et là, pour vous, ce que vous réclamerez. (41 :30-31) ".
L’islam appelle l’ensemble des hommes à faire siennes cette foi et cette loi sans consi-dération de la race, de la couleur, de l’ethnie, de la classe, et de toute autre distinction. Les hommes sont tous égaux devant le Souverain véridique (Ho, les gens ! Nous vous avons crées d’un mâle et d’une femelle et vous avons désignés en nations et tribus pour que vous vous entre-connaissiez. Oui, le plus noble des vôtres auprès de Dieu, c’est le plus pieux des vôtres. Dieu est savant, informé, vraiment. (49 :13) ". " Ceci ne dépend ni de vos désirs ni des désirs des gens du livres. Quiconque fait un mal en sera payé et ne retrouvera pas en sa faveur, hors de Dieu, nul patron, ni secoureur. (4 :123) ".Ces deux ver-sets démontrent avec éclat et clarté que les descendants du Prophète (PSL) n’ont point plus de mérite qu’un autre croyant auprès de Dieu. Le prophète (PSL) est "l’aïeul" de tout croyant même s’il s’agit d’un esclave d’Ethiopie. Bien que cette parole ne soit pas un hadith directement rapporté du Prophète, son sens reste valable et repose sur le fait que les savants dans chaque communauté sont les héritiers des prophètes .Quant à la femme, elle a une place honorée dans l’Islam .Et les femmes sont les sœurs maternelles des hommes et doivent suivre la religion exactement à leur instar. (Oui, soumis et soumises, croyants et croyantes, dévoués et dévouées, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, bien-faisants et bienfaisantes, jeûnants et jeûnantes, gardiens de leur sexe et gardiennes, invocateurs de Dieu beaucoup et invocatrices, Dieu a préparé pour eux pardon et énormes salaires. (33 :34) ". Le partage (par la femme) de la vie d’un époux pieux ne lui sert point si elle ne suit pas la religion " Dieu a frappé exemples pour ceux mécroient de la femme de Nohé et de la femme Loth. Elles étaient toutes deux sous deux de nos esclaves, gens de bien. Puis toutes les deux les trahirent ; et eux ne mirent point ces deux femmes en quoi que ce soit à l’abri de Dieu. On leur dit : " Entrez dans le feu toutes les deux avec ceux-qui entrent ! ", tout comme sa piété ne peut servir un époux négligent, chacun étant rétribué selon son œuvre en bien ou en mal, " à elle ce qu’elle a gagné, et contre elle ce qu’elle a délibérément gagné (2 :286) ".
Chers frères, Dieu a crée, tout seul, la créature pour qu’elle le connaisse et l’adore " Je n’ai crée les hommes et les djinns que pour qu’ils M’adorent (51 :56) ". Il les créa afin qu’ils puissent tirer bénéfice de cet échange dont ils sont en réalité les seuls bénéficiaires (Je ne veux de portion de leur part et je ne veux pas qu’ils Me nourrissent (51 :57) ". " Sagesse consommée ! Mais les avertissements ne met-tent pas à l’abri. (54 :5) ". Et Il envoya Son Prophète (PSL) pour établir la preuve sur les hommes. La croyance en Dieu et en son Prophète englobe la croyance en tous les Prophètes, les Anges , le Paradis, et l’enfer comme le dit le Coran " Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui de la part de son Seigneur, tout comme les croyants : tous ont cru en Dieu, en Ses Anges et en Ses Livres et en Ses Messagers – " Nous ne faisons de différence entre aucun de ses messagers. " - Et ils ont dit " Nous écoutons et nous obéissons. Ton Pardon, Seigneur ! C’est vers Toi qu’est le devenir. (2 :285) ". Le premier de ses messagers est Nohé (psl) et le dernier est Mouhammad (psl) .Dieu les a choisis et préparés à recevoir la science divine pour la guidée de l’humanité, en guise de Miséricorde divine. La clé de l’islam est Laa ilaaha illa lah, tout comme elle est la clé du paradis .Celui qui refuse de croire en la formule suprême shahadatayni (J’atteste qu’il n’a de Divinité qu’Allah et que Mouhammad est son Messager ) est un mécréant tout comme celui qui en accepte une partie et en rejette une autre . La croyance est une approbation et la mécréance, une négation du Coran ou du Prophète, par la parole ou par l’action.
Si par contre, il commet un péché, alors qu’il croit à la formule, il ne sera pas considéré comme un mécréant mais le repentir lui est obligatoire " Dieu ne pardonne pas qu’on lui donne quelque associé. En deçà, il pardonne à qui Il veut… (4 :48) ". Le repentir est absolument accepté, tout comme "le repentent d’un péché est comme celui qui n’en a point ". Les conditions du repentir sont : le regret, l’arrêt immédiat et l’intention de ne plus retourner à l’erreur " .. . Oui Dieu aime ceux qui bien se repentent et aime ceux qui bien se purifient (2 :222) "
Chers frères : Croire en la shahada, c’est d’attester qu’il n’y a pas divinité en dehors d’Allah et que Mouhammad est Son Envoyé , puis se soumettre à la loi islamique en adorant Dieu sans association. Dieu est l’Adoré. Il est le Créateur de cet univers de par son savoir et par sa puissance. Il fut et rien n’existait avec Lui, Il est l’Antérieur sans com-mencement et le Dernier sans fin (C’est Lui le Premier et aussi le Dernier, l’Extérieur et l’Intérieur, tandis qu’il se connaît bien à toute chose (57 :3) ".
Chers jeunes, Je vous remercie de vos brillantes allocutions – En avant ! Certes l’avenir de toute nation repose sur sa jeunesse, mais pas sur n’importe quelle jeunesse: sur les jeunes cultivés et doués de caractères nobles et d’ambitions élevées; une jeunesse sans culture et sans caractères nobles est comme un arbre stérile. Appliquez-vous sérieu-sement et persévérez dans la quête du savoir. Ne suffisent pas seulement les sciences religieuses( Fiqh ) ou traditionnelles( calcul, la langue arabe et ses branches ) ; joignez-vous à ceux dont les préoccupations s’élèvent vers la découverte des secrets de l’Univers. Dieu dit à ce propos : " Dis : " Regar-dez ce qui est dans les cieux et dans la terre " (10 : 101) ", " N’ont-ils pas considéré le super royaume des cieux et de la terre et toute chose que Dieu a créée… (7 :185) "…
Cher frère nous sommes convaincus que notre religion (l’Islam) est celle-là même agréée de Dieu et notre preuve est le Coran, ce livre qui est lu depuis l’apparition de l’Islam, qui n’a subi aucun changement, au-cune altération, ni falsification, ce livre par lequel le Messager illettré a défié toute l’humanité " Et si vous êtes en doute sur ce que nous avons fait descendre Sur Notre Esclave, venez donc avec une sourate semblable à ceci, et si vous êtes véridiques, appelez en dehors de Dieu vos témoins ! (2 :23.) ", miracle éternel.
Il restera éternellement parmi nous et domine tous les miracles des prophètes car ils vinrent et ne demeurèrent point.
(Iman Boussayri, burda).
Mes chers frères les nobles compagnons( que Dieu les agrée ), ont devancé tout autre mu-sulman jusqu’au jugement dernier par ce qu’ils ont enduré avec patience, ou en ce qu’ils se sont montrés véridiques et fermes .La faveur ne peut être obtenue que par la crainte et par une plus grande ferveur religieuse .Al-Zuhri a dit :
" Je me suis présenté devant Abel malick Ibn Marwaan. Il me demanda :d’où viens-tu ? je lui réponds de la Mecque. Il reprit : qui parmi eux assure ton intérim ?
Je réponds : Athah ibn Rabah .
Il reprit : est--il arabe ou un esclave affranchi ?
Je réponds : un affranchi.
Il dit : pourquoi est –il leur imam ?
Je dis : par la pratique du culte (diyaana) et par la science rapportée (riwaaya).
Il reprit : Oui, les hommes de religion et de science doivent être les imams. "

Le Dialogue se poursuivit et fut le même en ce qui concerne le Yémen (avec Thaawuus ibn Kiisal comme affranchi mais gou-verneur), l’Egypte (Yaziid ibn Abi Habiib ), la Syrie avec (Mak’huul, le Damascène), la Péninsule Arabique ( avec May-moun ibn Mah-ran), " de notre haram (Médine )" (Dhahak Ibn Mazaahim), Bassorah (avec Al Hassan ibn Abi Hassan). Seul koufa avait un gouverneur arabe (Ibrahim Nakh’i). Il finit ainsi : (1)

"Il (Abdel Ibn Malick Ibn Marwaan) dit : Malheur à toi, tu as failli me couper le coeur ! Dieu met des affranchis à la tête des nobles au point qu’ils prononcent des sermons sur les chaires aux pieds desquelles croupissent les nobles arabes.
Azzuhri conclut : Oh ! Emir des croyants, ceci est une affaire divine et de religion : celui qui la conserve s’en retrouve élévé, et celui qui la perd s’en retrouve avili. "
Cette grande fête et période consacrée à la commémoration de ce Prophète béni (PSL) " Et tout ce que nous te racontons de nouvelles au sujets des messagers, c’est pour en raffermir ton cœur. Et en cela t’est venu la vérité, ainsi qu’aux croyants une exhortation et un Rappel. (11:120) ". Nous avons en lui un bel exemple : Il a tout donné à cette religion : sa propre personne, ses richesses, sa famille et ses compagnons. Il l’instaura, l’étendit , la défendit, combattit dans le sentier de Dieu et émigra. Il mena tout cela jusqu’à ce que la parole d’Allah soit la plus élevée et que la parole des mécréants soit vile. Qu’Allah, Exalté soit Son nom, paye, à notre place notre Seigneur Mouhammad : (PSL), de la meilleure récompense.Chers frères, Je ne terminerai pas mon discours sans remercier Allah pour la libération de la majorité des pays musulmans et arabes en Afrique et en Asie. Comme je prie pour qu’Il libère le reste. Et que se libère la Palestine, qui est notre plus grand contentieux, nous les musulmans, et que les réfugiés retournent chez eux et ce jour là, les croyants seront contents de l’aide d’Allah. Qu’il en soit ainsi pour le Sud Arabique sinistré et le Cachemire. Je prie que Dieu fasse réussir les dirigeants musulmans, leurs affaires et qu’il les aide et qu’il les réunissent dans la voix de la vérité à l’ombre du Livre de Dieu et de la Sounna du Prophète. Enfin je remercie de tout mon cœur les frères arabes qui ont affronté toutes les difficultés pour venir passer la fête avec nous dans le cadre de la fraternité islamique et en aide à la religion d’Allah. Je prie que Dieu fasse durer éternellement leur réussite.
Félicitations et paix sur vous.
(1) : Partie du récit résumée par nous, en italique.

BAYE NIASSE et le WIRD TIDIANE

Publié le 20/10/2006 à 12:00 par nouroufaydatou
BAYE NIASSE et le WIRD TIDIANE
EL HADJ IBRAHIMA NIASSE


Cheikh al-Islam El Hadji Ibrahima ibn Abd Allah at-Tidjani al-Khawlakhi était un des principaux leaders de l'ordre soufi tidjane en Afrique Occidentale.Il est aussi appelé par ses disciples sous le nom de Baye (pére en wolof).Il est le fondateur de la branche Ibrahimiyyah de la Tidjaniyya dont les adhérents se désignent comme les gens de la "Faydhah Tidjaniyya". Les non-adhérents appellent souvent ses disciples "Niassénes"qui signifie en wolof"ceux qui appartiennentà la famille Niasse"bien que ses disciplesne se reconnaissent pas comme telle. Aprés la mort de son ére à Leona Niasséne en 1922, son frére ainé Muhammad al-Khalifa devient calife.Mais grace à son charisme et à ses connaissances précoces,Ibrahim gagne de nombreux disciples, ce qui améne de des tensions entre ses talibés et ceux de son frére.En 1929,le jeune Ibrahim déclare que le prophéte Muhammad(P.S.L.)lui a enseigné les serets de la connaissance de Dieu et que quiconque souhaiterait les savoir devrait passer par lui.En 1930 aprés la priére de l'Aid El Fitr, une bataille a lieu entre ses talibes et ceux de son frére.C'est à ce moment qu'il sut qu'il devait s'exiler. Ce soir-là,il partit avec ses amis proches pour trouver un foyer.Le jour suivant,ils commencérent à établir une nouvelle zawiyya à Médina Baye.En 1945,il retourna à sa maison paternelle,dans son village natal,pour reconstruire etréorganiser le village aprés qu'un incendie eut presque tout détruit. Son aura se répandit alors rapidement dans tout le payset la plupart des disciples de son pére se ralliérent à lui²en dépit de son statut de benjamin de la famille.Plusieurs leaders de la tribu Idaw 'Ali,tribu qui amena la Tidjaniyya en Afrique de l'Ouest,devinrent ses disciples y compris Chaykhani,Muhammad an-Nawi et Muhammad al-Misri. Dans les années 1940,aprés avoir rencontré l'émir de Kano à La Mecque,il gagna l'allégeance de préeminents leaders tidjanes du Nigeria.Il devint un leader écoutéchez les Haoussas.Il obtint plus de talibés à l'extérieur qu'à l'intérieur du Sénégal. Aprés sa mort,la communauté fut dirigée par son disciple et gendre Aliou Cissé et son fils Abd Allah Ibrahim Niasse.L'actuel calife de Médina Baye est Ahmadou Niasse(appelé Baye Dame)et l'actuel imam de la grande Mosquée est Assane Cisséqui est sans doute l'imam tidjane le plus célébre actuellement dans le monde.

La ville de Kaolack ets devenu une ville sainte pour les Tidjanes et lieu de pelerinage

Sa Légende:

Sa mère, Sokhna Astou Diankha aurait eu un reve lorsqu'elle etait enceinte de Baye Niasse, un reve dont l'objet était la délivrance du futur Cheikh al-Islam. Elle en parla à son mari qui lui dit de n'en parler à personne.

Sa descendance:

Abd Allah Ibrahim
Ahmadou Ibrahim
Mouhammadou Lamine (Baba Lamine)
Mouhammadou Moctar
Mouhammadou Moustapha
Mouhammadou Mahhi
Saida Mariama
Fatimata Zahra
Aishatou
Une rumeur persistante dit qu'il aurait eu 75 enfants.

Son œuvre littéraire:

• Rouhoul Adab, écrit à l'age de 21 an français
• Tahni'atou Rabih, ou Nostalgie du mois de Rabi': le mois de naissance du Prophete de l'Islam Mahomet ou Muhammad Taniyyatou ou Eloges du mois de l'anniversaire du Prophète
• Noujoumoul Houda,démonstration que le Prophet Mahomet est la meilleur creature d'Allah avec Coran et Hadiths à l'appui.
• Tanbihoul Azkiyya, démonstration que le Saint Cheikh Ahmed Tijane est le Sceau des Saints de tous les temps avec paroles des saints antèrieurs sur ce sujet.
• Rafhoul Malam, démonstration sur le fait de prier avec les mains sur la poitrine avec une mention spéciale sur ce phènomène qui est l'acte le plus sûr avec Coran et Hadiths à l'appui.
• Seyroul Qalb, dernier poème écrit par le Cheikh Al Islam Hajj Ibrahim Niass At-Tijani Al Kawlakhi As-Senghali
• Kaashifoul Ilbass,Œuvre sur l'obligation de suivre le detenteur de la Gnose Spirituelle et éclaircissement sur les points sombres des paroles soufies antèrieures.
• Dawawina Sitta,recueil de six diwans sur l'éloge du Prophete,de Cheikh Ahmed Tijan ,de ses muqaddams,conseils et enigmes soufis destinés aux disciples versés dans la marifa.
• Djamihoul Djawamihou ,recueil de poèmes pareils au dernier sur l'éloge du Prophete,de Cheikh Ahmed Tijan ,de ses muqaddams,conseils et enigmes soufis destinés aux disciples versés dans la marifa.
• Rihlatoul Konakri,poème sur son voyage à travers la sous-région: Guinée,Sierra Leone,Liberia,Ghana,Nigeria pour propager l'Islam et la voie Tijane et inviter les grands saints de cette sous région à boira la liqueur de la connaissance divine.
• Djawahirou assa'il,structuration pareile à Djawahiroul Mahani : missives,réponses à des correspondanceS,khoutoub,explications de certains versets,hadiths et paroles soufies,litanies...
• De nombreux ouvrages de polémique et d'apologie défensive.


LE WIRD TIDIANE



Lâzim
Aoûzou Billâhi minach-Cheytâni Rajimi ( 1 fois ).
1 - La Fatihatil Kitabi
2- Astaghfiroullah ( 100 fois ).
3- Çalâtoul Fâtîhi ( 100 fois ).
Allahoumma çalli alâ Seyyidina Mohammed Al Fatihi Lima Oughliqa wal khatimilima Sabaqa Naçiril haqq bil haqqi wal khadi ila çiratikal Moustaquim wa alâ alihi haqqa qadrihi wa miqdarihil Azim.

SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine ( 1 fois ).

4- Lâ Ilâha Illah Lâ ( 100 fois ).
Sayyidouna Mouhammadou Rassoûloullahi Aleyhi salâmoul-Lâhi

Innallâha wa malâ-Ikatahou youçallouna Âla Nabi yâ ayyouhal Lazîna Âmanou çallou Aleyhi wa sallimoû Taslimane.
Çallallâhou ta alâ aleyhi wa alâ alihi wa çahbihi wa sallama tasliman.
SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine

WAZIFA
Aoûzou Billâhi minach-cheytâni Rajimi ( 1 fois ).
1- La Fatihatal Kitabi
2- Astaghfiroullâh al azimal-lazî Lâ illâha Ilâ houwal hayyoul
qayyoûm ( 30 fois ).
3- Çalâtoul Fâtîhi ( 50 fois ).
Allahoumma çalli alâ Seyyidina Mohammed Al Fatihi Lima Oughliqa wal khatimilima Sabaqa Naçiril haqq bil haqqi wal khadi ila çiratikal Moustaquim wa alâ alihi haqqa qadrihi wa miqdarihil Azim.

SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal
Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine.

4- Lâ Ilâha Illah Lâ ( 100 fois ).

Sayyidouna Mouhammadou Rassoûloullahi Aleyhi salâmoul-Lâhi
5- Diawaratoul kamal ou « Perle de la Perfection » (12).



Diawaratoul kamal ou « Perle de la Perfection »

Allâhouma çalli wa sallim hala haïni rahmati rabbâniyati wal yakhoûtatil moutahakhihatil. Hâ-itati
bimarkazil fahoûmi wal mahâni wa noûril akwanil moutakawinatil âdamiyi sâhibil hakhi rabbâni al barkhil astâhi bimouzounil arbâhil mali-ati li koulli moutahardine minal bouhoûri wal awâni wa noûri kallâmihi lazî malakta bihî kawnakal ha-ita bi amkinatil makâni.
Allâhouma çalli wa sallim halâ haïnil hakhi lati tatadialâ mine hâ houroûchoul hakhâ-ikhi haïnil maharifil akhwami sirâtika tâm mine askham.
Allâhouma çalli wa sallim halâ talhatil hakh bil hakh al kanzil ahzane ifâdatika mineka ilaïka ihâtati nouril moutalsame. Çalla lâhou halaïhi wa halâ âlihi salâtane touharifoûna bihâ iyâhou.

Innallâha wa malâ-Ikatahou youçallouna Âla Nabi yâ ayyouhal Lazîna Âmanou çallou Aleyhi wa sallimoû Taslimane.
Çallallâhou ta alâ aleyhi wa alâ alihi wa çahbihi wa sallama tasliman.
SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine

Hadratoul Jumua
Formuler l’intention.
1- Aoûzou Billâhi minach-Cheytâni Rajimi ( 1 fois ).
2- La Fitihatal Kitabi
3- Astaghfiroullâh al azimal-lazî Lâ illâha Ilâ houwal hayyoul
Qayyoûm ( 3 fois ).
4- çalâtoul Fâtîhi ( 3 fois ).
SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine.
5- Lâ Ilâha Illah Lâ ( 1000 fois ).
Sayyidouna Mouhammadou Rassoûloullahi Aleyhi salâmoul-Lâhi
6- Aoûzou Billâhi minach-Cheytâni Rajimi ( 1 fois ).
7- La Fitihatal Kitabi
8 - Çalâtoul Fâtîhi ( 3 fois ).

Innallâha wa malâ-Ikatahou youçallouna Âla Nabi yâ ayyouhal Lazîna Âmanou çallou Aleyhi wa sallimoû Taslimane.
Çallallâhou ta alâ aleyhi wa alâ alihi wa çahbihi wa sallama tasliman.
SouBhâna Rabbika Rabbil Izzatî Ammâ yaçifouna wa salâmoune alal Moursalîna wal Hamdoulilahi Rabbil Âlamine .


BIENFAITS DE LA SALATIL FATIHI


Cette prière particulière fait parti de ce que le Prophète r a ordonné à Seïdina Ahmed Tidjani t et cela à l'état d'éveil, en pleine journée, de réciter et de transmettre.

Un Pôle l'avait déjà connu, nommé Sidi Mohamed el Bakriy t, il avait fait une retraite de plusieurs années à la Mecque dans l'intention qu'Allah lui enseigne la formule de prière sur le Prophète t qui rassemble toutes les autres prières et leurs secrets. Et certes, elle lui fut révélée, un ange descendit à lui avec un écriteau de lumière où était inscrit Salat Fatihi mais cela lui était personnel car cette prière fut réservée pour l'époque du Pôle Caché et ses disciples.

Il faut savoir que pour pouvoir profiter des grâces particulières de Salât Fatihi, il faut remplir deux conditions :

La première est que l'autorisation soit donnée par ceux qui en ont l'autorité.
La seconde est que la personne en question est la certitude que Salat Fatihi provient de l'invisible et non pas d'une composition humaine.

En effet, il est rapporté dans le livre Jama’ de Sidi Mohamed ibn Mechri t que Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :

« La grâce de la Perle unique (autre dénomination de Salat Fatihi) ne peut être acquise que selon deux conditions :
- La première est de recevoir l'autorisation (Idhnou)
- La seconde est la croyance ferme, pour l'évocateur de cette prière, qu'elle fait partie de la parole d'Allah comme le sont les hadith Qouddoussi et qu'elle ne provient pas de la composition d'un être humain.»


Seïdina Ahmed Tidjani t ajouta :
« Personne en ce monde ne peut autoriser pour Salat Fatihi à part nous et nos compagnons qui sont dans la Tariqa. »


Mérites et bienfaits

{1} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :
« Le Prophète r m'a dit : Personne n'a prié sur moi meilleur qu'avec Salat Fatihi. »


{2} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :
« Je m'occupais de faire Salat Fatihi, de mon retour du pèlerinage jusqu'à Tlemcen (avant l'époque du Fath) ayant vu les mérites qu'elle contenait, en effet une seule fois équivaut à 600.000 autres prières comme il est rapporté dans Ouird Jouyoub. Son auteur a raconté que celui qui l'a mentionné est Sidi Mohamed el Bakri Siddiqi t qui était un Pôle et qui a dit :

« Celui qui la récite une fois et qui n'entre pas au paradis qu'il m'attrape et m'emmène (le jour du Jugement dernier) devant Allah. »

Je n'ai cessé de l'évoquer et ce jusqu'à mon départ de Tlemcen pour Boussemghoune puis lorsque j'ai constaté une prière qui équivalait à 70.000 lectures de Dalaïl elKhaïrat j'ai abandonné Salat Fatihi et ne me suis occupé que de cette prière en question, en raison de ses bienfaits-là.

Ensuite le Prophète r m'ordonna de retourner à Salat Fatihi et je lui ai alors demandé quels en étaient ses mérites. Il m'informa qu'une seule fois elle équivalait à toutes les glorifications faîtes dans la création, ainsi qu'à toutes formules d'évocations et de supplications grandes ou petites... »

{3} Le Prophète r a dit à Seïdina Ahmed Tidjani t :
« Salat Fatihi n'a pas été composé par El Bakri, mais il s'est orienté vers Allah pendant une longue durée afin que lui soit révélée la prière (sur le prophète r) qui contient plus de mérite que l'ensemble des autres prières et qui contient le secret de l'ensemble des autres prières, sa demande fut longue puis il fut exaucé. Un ange est alors venu à lui avec cette prière écrite sur un écriteau de lumière. »

Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :
« Lorsque je me suis concentré sur cette prière j'ai constaté qu'elle ne pouvait être pesée (par l’étendue de sa récompense) avec l'ensemble des adorations des génies, des hommes et des anges. »

Seïdina Ahmed Tidjani t a dit que le Prophète r l'a informé, après qu'il lui a demandé si elle (Salât Fatihi) était plus grande que la récompense du Nom Suprême (Ismou Allah El A’dham) :
« Non, la récompense du Nom Suprême est plus importante, mais aucune autre adoration ne peut faire face (en grâce) à Salat Fatihi. »

Puis Seïdina t a dit :
« Une seule fois le Nom Suprême équivaut à 6000 Salat Fatihi et une seule Salat Fatihi équivaut toutes les évocations, toutes les formules de glorification, toutes les demandes de pardon, toutes les implorations accomplies dans l'univers qu'elles soient petites ou grandes, le tout multiplié par 6000 fois. »

{4} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :

« Parmi les supplications il en est qui équivaut à la récompense de la nuit du Destin tel que Saïfiyou or le Nom Suprême équivaut à 36.000.000 de nuit du Destin, car une seule fois le Nom Suprême équivaut à 6000 Salat Fatihi et une seule fois Salat Fatihi équivaut à 6000 supplications tels que celle ci-dessus (Saïfîyou) donc si tu multiplies 6000 par 6000, tu trouves 36.000.000 et cela concerne une seule récitation (de Salat Fatihi ) en ne prenant le cas que d'une seule supplication (Saïfîyou). »

{5} Une personne a interrogé Seïdina t sur le fait que dans Salat Fatihi il n'y a pas la formule -la paix- (salam).

Il t a répondu :
« Quant à votre question sur Salat Fatihi, sachez qu'elle provient de l'invisible sous cette forme, et tout ce qui vient de l'invisible sa perfection est confirmée, elle sort des règles connues car elle ne provient pas d'une composition écrite. Il y a des formules de prières qui proviennent du Prophète r et qui ne contiennent pas la formule salam et ce sont des formules prophétiques qui sont utilisées pour l'adoration. »

{6} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :

« Salat Fatihi est un acte Divin (c'est-à-dire une grâce Divine) qui ne laisse pas de place à la raison humaine. S'il y avait 100.000 communautés, et que chacune soit composée de 100.000 tribus et que chaque tribu soit composée de 100.000 hommes et que, chacun de ces hommes vive 100.000 ans et récitent chaque jour 100.000 prières sur le prophète autre que Salat Fatihi, et qu'on rassemble toute la récompense de ces communautés durant toute cette période, ils n'arriveraient pas à la récompense de l'évocation d'une seule Salat Fatihi.

Ne la dément pas et ne la critique pas car la grâce est détenue par Allah et II la donne à qui II veut, et Sa grâce sort du cercle des normes et il te suffit Sa parole qui dit :
« Et II crée ce que vous ne savez pas. » (S 16, V8)

{7} J'ai demandé à Seïdina Ahmed Tidjani t :

« Est-ce que le Prophète r était au courant de cette grâce des derniers temps, à son époque ? »

II t a dit :
« Oui, le Prophète r était au courant. »

Je lui dis :
« Pourquoi ne l'a t'il r pas dit à ses compagnons t sachant ce qu'elle contient comme bien qui n'en finit pas ? »

II t a dit :
« Deux choses l'en ont empêché, la première est qu'il r savait que cela devait arriver dans les derniers temps et que celui qui devait la recevoir n'apparaîtrait pas à son époque. La seconde est que s'il r leur avait parlé de cette grâce immense obtenue avec si peu d'œuvre, ils t auraient insisté pour la connaître vu leur intense recherche du bien, or elle ne devait pas apparaître à leur époque, c'est pour cela qu’il r ne leur en a pas parlé.

Un autre point en dehors de ce qui a précédé : Allah connaissant la faiblesse des gens de cette époque et le chaos et la corruption dans laquelle ils se trouveraient. II leur fit miséricorde et leur fit don de biens immenses en échange d'œuvres faciles, il réserve Sa Miséricorde à qui II veut au moment où II veut. Et II ne faut pas dire que ce dont le Prophète r nous a informé étant mort n’est pas comme ce dont il r nous a informé étant vivant car ces deux choses sont en vérité similaires dans l'ensemble de ce dont nous a informé le Prophète r à part que ce dont il r informe aux communs est alors pour le commun et ce dont il informe ces particuliers est pour ces particuliers, sauf en ce qui concerne les actes obligatoires qui sont inchangés et restent inchangés pour tous, comme l'exemple du hadith où le Prophète r répond quand on lui demande « quelle œuvre est la meilleure ? »

Il r dit :
« La prière faîte en sa première heure. »



{8} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :

« Saches que si tu évoques Salat Fatihi une seule fois elle équivaut à 600.000 prières (sur le Prophète r) faites dans l'univers par l'ensemble des génies, des hommes et des anges, ensuite si tu l'évoques une seconde fois tu as la récompense de ce que tu as récolté pour la première fois mais multiplié 600.000 fois, ensuite si tu l'évoques une troisième fois tu as la récompense évoqué pour la première fois multiplié 120.000 fois et ainsi de suite cela est multiplié... En plus si cela est accompli de nuit une seule Salat Fatihi équivaut, en plus du mérite déjà mentionné, 500 Salat Fatihi accomplis de jour. »

{9} Seïdina t a dit :

« Si les habitants des sept cieux et tout ce qu'ils contiennent et les habitants des sept terres et tout ce qu'ils contiennent se rassemblent pour décrire la valeur de Salat Fatihi, ils n'en seraient pas capables. »

« Si les habitants des sept cieux et tous ceux qu'ils contiennent et les habitants des sept terres et tous ceux qu'ils contiennent se rassemblent pour décrire la valeur de Salat Fatihi, ils n'en seraient pas capables. »


{10} Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :

« Tout ce que vous avez entendu sur les mérites de Salat Fatihi comparé à ce qui est resté caché est semblable à une goutte dans un océan. »

Seïdina t en parlant des mérites de Salat Fatihi a dit qu'elle a sept ou huit degrés et que tout ce qui a été dévoilé comme mérites à ses compagnons n'est qu'une partie du premier degré, tout le reste étant caché. Le Prophète r lui dit aussi que le mérite de cette prière est emmagasiné dans les trésors mystérieux qu'Allah n'a dévoilés à aucun prophète, ni aucun ange car c'est un secret d'entre les secrets qui sont particuliers au Prophète r et qu'il a déversé sur son représentant Abou-1-'Abbas Tidjani t, qu'Allah nous abreuve, ainsi que tous ceux qui l'aiment, de son océan par les plus grands récipients.



Commentaires de Salat Fatihi

« Ô mon Dieu ! Prie sur notre seigneur Mohammed qui a ouvert ce qui était clos; et qui a clos ce qui a précédé; le soutien de la Vérité par la Vérité et le guide sur Ton droit chemin, ainsi qu'à sa famille, selon sa valeur et à la mesure de son immense dignité. »

Les termes de Salat Fatihi font référence, dans leur sens, à des passages coraniques :

- « Ô mon Dieu... » fait référence au verset qui dit : « Gloire à Toi Ô mon Dieu ». (Sourate 10; verset 10)

- « ...prie sur... » fait référence au verset qui dit : « Certes Allah et ses anges prient sur le Prophète; Ô vous qui croyez priez sur lui et adressez lui vos salutations. » (Sourate 33; verset 56)

- « ...notre seigneur.. » fait référence au verset sur le prophète Yahya u qui dit : « ...un seigneur (saïdan), un homme parfaitement chaste.. » (Sourate 3; verset 39).

Le seigneur (dans la noblesse) des créatures est le Messager d'Allah r et il est permis de le considérer comme tel en effet le Prophète r a dit :

«Je suis le seigneur des enfants d'Adam et sans prétention.. »

Quant à ceux qui ont prétendu que les compagnons n'appelaient pas le Prophète r par le terme de seigneur (Saïdan) en citant le hadith suivant :

« Ne m'appelez pas par le terme de seigneur car le Seigneur est Allah.»

Il faut savoir que sa chaîne est faible et il est inutile de le citer car il nous suffît de citer ce qui a été authentifié par Nissa-i, la parole de Sahl ibn Houneyf t qui a appelé le Prophète r par « Ô mon seigneur.. » ainsi que la parole d'Abou Houreyra t pour Hassen ibn 'Ali t rapporté par El Hakem et la prière de Ibn Mess'oud t qui est rapporté selon une bonne chaîne et dans laquelle se trouvent ces mots :

« Ô mon Seigneur prie sur le seigneur des Messagers.. »

- « ...Mohammed.. » fait référence au verset qui dit : « Mohammed est le Messager d'Allah... » (Sourate 48; verset 29)

- « ...qui a ouvert ce qui était clos... » : fait référence aux versets qui dit :

« Nous t'avons ouvert d'une façon manifeste les portes.. »(Sourate 48; verset 1)


« Voilà que vous est venu Notre Messager vous apportant des explications claires après une longue absence des Messagers.. » (Sourate 5; verset 19)

Elle veut dire celui qui a ouvert les cœurs fermés par l'association et l'ignorance.


Le Prophète r a dit :
« Je suis le premier des gens à être créé et le dernier à être envoyé. »
Les gens désignent ici les prophètes u.


Le Prophète r a dit aussi :
« Je suis le premier sur qui s'ouvrira la terre, je suis le premier à intercéder et le premier pour qui se sera accepté, je suis le premier à faire passer sa communauté sur le Sirat, et je suis le premier à entrer au Paradis. »


- « ...qui a clos ce qui a précédé.. » : fait référence au verset qui dit :

« ..mais le Messager d'Allah et le sceau des prophètes.. » (Sourate 33; verset 40)



Elle veut dire qu'il est celui qui a clôturé la prophétie et Allah a réuni en lui toutes les grâces.

Cela veut dire aussi qu'il a atteint les plus hauts degrés de perfection, il est le plus élevé des savants, des indulgents, il est le maître des sages. Il est le plus proche des rapprochés dans la plus haute des Présences, il est la plus honorable des créatures chez Allah.


- « ...le soutien de la Vérité par la Vérité... » fait référence aux versets qui dit : « ... si vous soutenez Allah II vous soutiendra... » (Sourate 47; verset 7)

« Et c'est en toute vérité que Nous l'avons fait descendre, et avec la vérité il est descendu... » (Sourate 17; verset 105)

Elle veut dire qu'il est le soutien d'Allah par Allah, il ne soutient pas le faux et il ne soutient pas la vérité par le faux.


- « ...et le guide sur ton droit chemin.. » fait référence au verset qui dit :

« ...et en vérité tu guides vers un chemin droit. » (Sourate 42; verset 52)


- « ...ainsi qu'à sa famille... » fait référence au verset qui dit : « Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, Ô gens de la maison (du Prophète), et veut vous purifier pleinement. » (Sourate 33; verset 33)

C'est-à-dire ceux pour qui il est interdit de prendre l'aumône. Il existe une autre explication, ce sont ses héritiers parfaits qui portent l'apparent de la Loi (Chari'a) et ses secrets. C'est de l'égarement de dire que l'apparence de la Chari'a contredit son sens caché (ésotérique) car ils sont en concordances.

La Vérité (Haqiqa) est le fruit de la mise en application de la Chari'a :

« ... et craignez Allah et il vous enseignera... » (Sourate 2; verset 282)

- « ...selon sa valeur... » fait référence aux versets qui dit :

« Ils n'ont pas apprécié Allah à sa juste valeur... » (Sourate 39 ; verset 67)

« Par ta vie, leur ivresse les laisse agir comme des aveugles ! » (Sourate 15; verset 72).

- « ... selon sa valeur.. » veut dire « la plus haute station ».

- « ...à la mesure de son immense dignité.. » fait référence pour « à la mesure » au verset qui dit : « ... et toute chose a auprès de Lui sa mesure. » (Sourate 13 ; verset 8) et pour « immense » il fait référence au verset qui dit : « Et tu es certes d'une moralité immense » (Sourate 68 ; verset 4).

C'est sa considération et son honneur chez Allah.

Il est rapporté dans la Thora sur la description du Prophète r :
« II (Allah) ne le reprendra pas jusqu'à ce qu'il redresse le peuple tordu, qu'il ouvre des yeux aveugles, des oreilles sourdes et des cœurs fermés et qu'ils disent alors : II n'y a d'autre divinité qu'Allah. »


POINTS A ECLAIRCIR

Est-il vrai que les Tidjani affirment que la prière appelée Salat Fatihi est supérieure à la lecture du noble Coran ?

Réponse : Cette affirmation est fausse, Seïdina Ahmed Tidjani t a dit de le livre Djawahirou-l-Ma’ani :
« La pré-éminence du Coran sur toute autre parole que ce soit des formules de dhikr et de prière sur le Prophète t {y compris Salat Fatihi} est plus éclatante que le soleil. Il est fait cas de cet éclat dans les principes mêmes de la Chari'a (Coran et hadith prophétiques authentiques). »


Cette pré-éminence a deux raisons principales :

{1} Premièrement parce que le Coran est la parole même de l'Être Suprême, donc supérieure à toutes les paroles.

{2} Deuxièmement parce que les commandements coraniques sont uniques dans leur genre et au-dessus de tous autres commandements.

Seïdina Ahmed Tidjani t procède au classement du bénéfice que l'on tire de la lecture du noble Coran en quatre catégories suivant la qualité du lecteur.
Il dit en substance :

§ La première catégorie de personne est un saint homme qui vit dans l'océan de la Vérité Divine, celui-là tire tout le mérite de la lecture du Coran et pour cette catégorie la lecture du Coran est au-dessus de tout dhikr.

§ La deuxième catégorie est celui qui connaît parfaitement la signification du Coran et qui en le lisant est ému à tel point qu'il croit entendre l'Être Suprême lui-même le lui dicter et dont la vie est une matérialisation des Textes Sacrés. L'avantage qu'il tire de cette lecture est à peu près analogue à celui du premier.

§ La troisième catégorie est celui qui lit attentivement le noble Coran mais ne le comprend pas et qui est ému par cette lecture au point de croire entendre le Seigneur et qui suit strictement les commandements enseignés par le Saint Livre tout en se renseignant, celui-là tire par conséquent un grand avantage de cette lecture mais non égale à celui des deux précédents.

§La quatrième catégorie est celui qui lit le noble Coran sans attention, qu'il comprenne ou non la lecture et qui s'adonne aux mauvaises actions se souciant nullement des commandements du Coran, celui-là travaille à sa perte et commet un péché autant de fois qu'il le lit comme le témoigne ces passages du Coran :

« Quel pire injuste que celui à qui on a rappelé les versets de son Seigneur et qui en détourna le dos en oubliant ce que ses deux mains ont commis ? Nous avons placé des voiles sur leur coeur, de sorte qu'ils ne comprennent pas (le Coran), et mis une lourdeur dans leurs oreilles. Même si tu les appelles vers la bonne voie, jamais ils ne pourront donc se guider. » (Sourate 18 ; verset 57)

« Et quiconque se détourne de Mon rappel, mènera certes, une vie pleine de gêne, et le Jour de la résurrection Nous l'emmènerons aveugle au rassemblement. Il dira : « Ô Mon Seigneur, pourquoi m'as-tu emmené aveugle alors qu'auparavant je voyais ? » Allah lui dira : « De même que nos signes (enseignements) t'étaient venus et que tu les as oubliés et ainsi aujourd'hui tu es oublié. » (Sourate 20 ; verset 124,125,126)

Pour cette quatrième catégorie de personne seulement, la prière sur le Prophète r lui est plus profitable que la lecture du Coran car de cette dernière il ne s'attire que la malédiction du Seigneur. Par contre à chaque fois qu'il récite la prière sur le Prophète r, le Seigneur, les anges et toute la création prient dix fois sur lui à cause de cela, il a tout à gagner à prier sur le Prophète r et tout à perdre à lire le noble Coran.

C'est donc à la lumière de ce qui vient d'être expliqué que nous devons comprendre la parole de Seïdina Ahmed Tidjani t qui dit : « Une fois Salat Fatihi équivaut à six mille (6000) fois le mérite de la lecture du Coran. » Ce qui veut dire que la récitation d'une Salat Fatihi vaut en mérite et en récompense six mille fois la lecture du Coran en entier.

Il est rapporté que le Prophète r a dit dans un style similaire :

« Celui qui récite sourate YASSIN Allah inscrit au serviteur la récompense de dix fois la lecture entière du Coran. » Cela signifie qu'en récitant une fois la sourate YASSIN Allah inscrit au serviteur la récompense de la lecture entière du Coran dix fois.

Par conséquent, si on comptabilise la récompense de la lecture du Coran en sachant que la lecture d'une seule lettre vaut au minimum dix bonnes œuvres, le Prophète r a dit dans un hadith rapporté par Tirmidhi : « Celui qui lit une lettre du Livre d'Allah s'inscrit une bonne action et la bonne action a dix fois son salaire et je ne dis pas que Alif, Lam,Mim est une lettre mais Alif est une lettre, Lam est une lettre et Mim est une lettre. »

II suffit donc de multiplier le nombre de lettres dans le Coran par dix au minimum pour avoir la récompense basique du Coran.

Cette récompense est multipliée de nouveau par dix, pour celui qui récite la sourate YASSIN, et inscrite à la personne conformément au hadith prophétique.

Le même procédé s'applique à Salat Fatihi sauf que dans ce cas il faut multiplier la récompense de la lecture du coran par six mille.

Toujours dans ce sujet il est rapporté dans Djawahirou-l-Ma'ani que Seïdina Ahmed Tidjani t a dit :
« II est de forte chance qu'Allah montre à certains parmi les faibles d'esprits qui ignorent la portée de l'immensité de la grâce Divine et de sa Générosité, la récompense de Salat Fatihi. »

Ils demandèrent alors :
« Si les choses se révèlent de la sorte, vu l'importance de Salat Fatihi, il faut concentrer tous ses efforts dessus au dépend de toute forme de dhikr et même celle du Coran. »

II répondit :
« Non ! La lecture du Coran est prioritaire car elle est exigée par la révélation et le Coran est le contenant de la grâce, le fondement de la Chari'a et la base du rapport avec le Divin, sans oublier la ferme interdiction de négliger sa lecture. Il est donc strictement prohibé de délaisser sa récitation. Quant à la grâce de Salat Fatihi que nous avons évoqué, elle ne cause aucun tort à celui qui la délaisse puisqu'elle est un acte méritoire. »

Seïdina Ahmed Tidjani t a dit dans un autre passage de Djawahirou-l-Ma’ani ceci :

« Le noble Coran est le meilleur dhikr mais à condition que le cheminant lors de sa lecture considère en son for intérieur que ce n'est autre qu'Allah lui-même qui s'adresse à lui. S'il demeure dans cet état et finit par l'intégrer, il aura alors accès à l'anéantissement spirituel complet. Par la suite il parviendra à la porte de la Proximité Divine. »

Notre maître Seïdina Ahmed Tidjani t a dit aussi :
« Certainement le Coran est le meilleur moyen pour se rapprocher d'Allah, mais pour celui dont les actions et les états ont été assainis en vue de Dieu. »

II affirme aussi :
« Si tu répliques : « La récompense de la lecture du Coran est comptabilisée indépendamment du lecteur et cette récompense est accordée même au dépravé » alors je te réponds comme suit : « II est possible qu'Allah lui accorde la récompense de la lecture du Coran mais cette rétribution se verra annulée d'autre part puisqu'il n'a pas agit conformément aux préceptes du Coran. Or la récitation du Coran sans son application est une situation qui rentre dans le cadre de la parabole qu'Allah a établit dans son Livre au sujet des gens de la Torah :

« L'image de ceux qui ont été chargés de mettre la Torah en pratique et qui ne l'ont pas fait est celle de l'âne qui porte des livres de grande valeur. » (Sourate 62; verset 5)

II est évident que l'âne ne tire aucun profit en portant des livres sur son dos. Puis sache que sa parole qui dit : « Et qui ne l'ont pas fait.. » signifie qu'ils n'ont pas agit conformément aux recommandations de la Torah.

Allah a dit aussi :
« Ceux à qui Nous avons donné le Livre, qui le récitent comme il se doit, ceux-là y croient. » (Sourate 2 ; verset 121)

Le réciter comme il se doit consiste en l'application des ordres, celui qui se détourne de cela ne l'a pas lu réellement. »

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Question : Certains affirment qu’il n’est permis de prier sur le Prophète r qu’avec la prière Ibrahimiya car c’est celle qu’il r a enseigné à ses compagnons t.

Réponse : Le Prophète a enseigné à ses compagnons une façon de prier sur lui (avec Salat Ibrahimiya) lorsque ceux-ci lui demandèrent « comment pouvons-nous prier sur toi ? » Mais en aucun cas cela signifie qu’il est interdit de prier sur le Prophète r d’une autre façon. Celui qui affirme cette ignorance il va à l’encontre de ce qu’ordonne Allah qui dit :

« Allah et ses anges prient sur le Prophète, Ô vous qui croyez priez sur lui et saluez. » Allah n’a jamais dit : « …et priez sur lui que de cette manière.. »

De même le Prophète r n’a jamais interdit de prier sur lui d’une autre manière, il a juste enseigné à ses compagnons, qui le lui ont demandé, une façon de prier sur lui et les compagnons eux-même ne se sont pas limités à la prière Ibrahimiya mais ils priaient sur le Prophète r avec d’autres formules tel ce qui est rapporté sur Abdallah ibn Mess’oud t qui a dit :

« Si vous priez sur le Prophète r, excellez dans la manière de prier sur lui car il se peut que cela lui parvienne. »

Ils lui dirent :
« Enseigne-nous. »

Il dit :
« Dites : « Ô Allah ! Mets tes prières, ta miséricorde et tes bénédictions sur le maître des envoyés, l’imam des pieux et le sceau des prophètes, Mouhamed ton serviteur et ton Messager, l’imam du bien, le guide du bien et le Messager de la miséricorde…. » (rapporté par Ibn Majah et El Hafidh Moundhiri a dit qu’il est Hassan)

De même il est rapporté de Salama El Kindi que l’imam ‘Ali t enseignait cette prière aux gens :
« Ô Allah ! Toi qui as arrondi les terres, qui a créé les cieux fermes, qui a donné leur nature primitive aux cœurs des malheureux et des bienheureux, accorde tes nobles prières, tes abondantes bénédictions et ta tendre pitié à Mohammed ton serviteur et messager, sceau de ce qui a précédé, ouvreur de ce qui était fermé, soutien de la vérité par la vérité, destructeur des armées de l’égarement…. » voir la suite dans le livre Chifa-a du Qadi ‘Iyad.

El hafidh Ibn Kathir a dit qu’il s’agit là d’une parole connue de l’imam ‘Ali t.

Selon Tawous il rapporte qu’Ibn Abbas t priait sur le Prophète r avec ces termes :

« Ô Allah ! Accepte la grande intercession de Mohammed, et élève ses hauts degrés et exauce ses demandes à la fin et au début comme tu as exaucé pour Ibrahim et Moussa… »

Il est rapporté de Hassan Basri t qu’il disait :
« Celui qui veut boire dans le récipient le plus parfait du bassin de l’élu r qu’il dise : « Ô Allah ! Prie sur Mohammed ainsi que sur sa famille, ses compagnons, ses enfants, ses épouses, sa descendance, les gens de sa maison, ses liens de parenté, ses Ansar, ses partisans, ceux qui l’aiment, sa communauté ainsi que sur nous tous ensemble avec eux, ô le plus Miséricordieux des miséricordieux. »

Il y a aussi la prière célèbre que faisait l’imam Chafi’i t, grand maître d’une des quatres écoles juridiques des gens de la Sounna, et qui est rapporté dans Rissala :

« Et que la prière d’Allah soit sur Mohammed autant de fois que l’ont mentionné les évocateurs et autant de fois qu’ont oublié de l’évoquer les insouciants. »

Extraits tirés et traduits du livre Djawahirou-l-Ma'ani et des écrits de Sidi Mohamed el Hafidh Tidjani (qu'Allah lui fasse miséricorde), savant d'Egypte.
Tiré de: www.tidjaniya.com








La Perle de la Perfection

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Seïdina Cheikh Ahmed Tidjani t reçut des secrets dont profitent tous les disciples même les novices, il s'agit entre autre des deux prières sur le Prophète r : La Salât Fatihi et la Djaouharatou-l-Kamal (perle de la perfection), renfermant de grands secrets et le nom suprême d'Allah( Ismou llah el A'dham).
Nous allons voir ici ce qui concerne la prière Djaouharatou-l-Kamal .
Avant tout il faut savoir qu'elle fait partie des formules traditionnelles optionnelles particulières qui sont réservées à des personnes particulières et non pas des formules générales exigées à l'ensemble de la communauté.
Il est rapporté dans le livre Djawahirou-l-Ma'ani que cette prière a été dicté par le Prophète r à Seïdina Ahmed Tidjani t.
Sidi Hajj 'Ali Harazim t a interrogé Seïdina t sur ce dont nous informe le Prophète r après sa mort, est-ce le même statut que pour ce dont il nous a informé de son vivant ?
Seïdina Ahmed Tidjani t a répondu qu'en ce qui concerne les affaires communes à toute la communauté cela a été exposé et a été comblé une fois pour toute par la mort du Prophète r. Par contre il subsiste les affaires particulières que le Prophète r transmet à des particuliers que ce soit de son vivant comme après sa mort et cela ne s'interrompt jamais. Quant à celui qui s'imagine que toute l'irrigation prophétique envers sa communauté s'est interrompu par sa mort comme à l'instar de l'ensemble des autres morts, c'est qu'il est ignorant de son degré et il n'a pas fait preuve du respect incombant au Prophète r.
Pour celui-là on craint qu'il ne meure mécréant s'il ne se repent pas d'une telle croyance et on cherche protection auprès de celui qui fait clémence à ses serviteurs. (cf. texte sur la vision du Prophète r à l'état de veille.)
La perle de la perfection fait partie de ce que notre très saint Prophète r a dicté à Seïdina Ahmed Tidjani t lui évoquant certaines de ses particularités (cf. Les conditions de la Tariqa Tidjaniya- conditions n°13) et de ses mérites :

- L'évocation d'une fois la Djaouharatou-l-kamel équivaut en récompense à trois fois la glorification du monde entier.

- Celui qui la récite de sept fois à plus, alors l'esprit bénie du Prophète r et des quatre Khalifes t viennent en sa présence tant qu'il l'évoque.

- Celui qui la récite régulièrement plus de sept fois alors le Prophète r l'aimera d'un amour particulier et il ne mourra qu'en étant un wali.

- Celui qui la récite sept fois avant de dormir mais dans une pureté complète, sur un lit (une couche) propre, celui-ci verra le Prophète r.

La Perle de la Perfection

« Ô mon Dieu, répands tes grâces et accorde le salut à la source de la Miséricorde Divine {1} et au diamant étincelant versé indéfiniment dans la vérité {2}. Celui qui est au centre de toutes formes de compréhensions et de significations. Il est la lumière des êtres en cours de formation humaine, il possède la Vérité Divine tel l'éclair immense traversant les nuages précurseurs de la pluie bienfaisante {3} des Miséricordes Divines, qui emplissent sur leur chemin aussi bien les grandes étendues d'eau que les petites {4}. Il est Ta lumière brillante qui s'étend sur toute l'existence et l'englobe dans tous ses lieux {5}.
Ô mon Dieu, répands tes grâces et accorde le salut à la source de la Vérité {6}qui est à l'origine des connaissances les plus justes {7}, tel ton sentier parfaitement droit {8} par lequel se manifestent les majestueuses Réalités.
Ô mon Dieu, répands tes grâces et accorde ton salut à la manifestation de la Vérité par la Vérité {9}, au trésor le plus sublime {10}, au flux venant de toi et retournant vers toi {11}, et à la quintessence des lumières dissimulées à toute connaissance {12}.
Que Dieu répande ses grâces sur lui et sur sa famille, grâces par lesquelles, Ô mon Dieu, Tu nous le feras connaître. »

EXPLICATION DE LA PERLE

La source de la Miséricorde Divine ('aïn rahmati rabbaniyati)
Si on prend l'exemple d'une source d'irrigation dans laquelle se déverse le flux Divin, tous ceux à qui Allah a décrété le breuvage s'abreuvent de ce flux.
En conséquence tu comprends la signification de la parole prophétique qui dit :
"Je ne suis qu'un répartiteur et le véritable donateur est Allah."
Et la parole d'Allah qui dit :
" Certainement nous t'avons envoyé comme miséricorde pour les mondes." (sourate 21;verset 107)

Le diamant étincelant versé indéfiniment dans la Vérité (al yaqoutati-l-moutahaqiqati)
Comme il est une évidence que certains métaux en dépassent d'autres en valeur, le diamant est une pierre précieuse qui dépasse en estime toutes autres pierres non précieuses, les hommes se différencient les uns par rapport aux autres de la même sorte.
Le cas du Prophète r est celui d'un serviteur créé qu' Allah a honoré et ennobli par des dons immenses. La connaissance de la mort est une science certaine, la vision d'un mourant est une vision avec l'il de la certitude et enfin la mort est la véritable certitude car nous réalisons son goût.
Le prophète r est arrivé au summum de toutes connaissances et grâces. Il détient la science des premiers et des derniers par l'enseignement d'Allah. Ainsi sa science est au-delà de toute limite, car il possède l'essence de la compréhension et du savoir.
Il est certainement la lumière de la Vérité par laquelle Allah dévoile les ténèbres qui obscurcissent les coeurs. Ce dévoilement se réalise par la lumière qu'il a révélé et par l'amour qu'on lui voue, car cela est une guérison pour les coeurs.
La lumière de la Vérité désigne la Lumière Mohammedienne qui est à l'origine de toute la création elle est certainement parfaite et pure de toute souillure. A ce sujet on rapporte un hadith de Jaber t dans lequel il dit :
« Ô messager d'Allah, informe-moi au sujet de la première chose qu'Allah a créé ? »
Le Prophète r a répondu :
« Ô Jaber, Allah a créé avant toute chose la lumière de ton Prophète de sa propre lumière. »
A cause de l'esprit du Prophète r, Dieu a honoré les esprits et à cause de son humanité, Dieu a honoré les hommes même s'il n'est qu'un serviteur créé.

L'éclair immense traversant les nuages précurseurs de la pluie bienfaisante
(al barqi-l-asta'i bi mouzouni-l-arbahi)
C'est-à-dire, les nuages remplient de profit, accordant à chaque degré ce qu'il mérite en tant que dons.

Emplissant sur leur chemin aussi bien les grandes étendues d'eau que les petites. (al mali-ati li koulli mouta'aridin mina-l-bouhouri wa-l-awani)
Les grandes étendues d'eau (al bouhouri) symbolisent les cours des grands Connaissants de Dieu.
Les petites étendues d'eau (al awani) symbolisent les saints ainsi, la lumière Mohammedienne avec tout ce qu'elle contient en tant qu'eaux, secrets, flux, théophanies, savoirs et connaissances, irriguent les cœurs des grands Pôles, des Connaissants et des saints.

Il est ta lumière brillante qui s'étend sur toute l'existence et l'englobe dans tous ces lieux (wa nourika-l-lami'i ladhi mala-ta kaounaka-l-haita ba amkinati-l-makani)
Le prophète r transcende de loin tous les degrés des créatures.
Ainsi il concrétise la servitude particulière puisqu'il a accès à la Présence de la Singularité (Al Hadratou Al Fardaniyati)
Cette Présence lui permet la plus grande proximité avec son Seigneur. Ce privilège est réservé exclusivement à sa personne.

Source de la Vérité ('aïni-l-Haqqi)
Dieu ne déverse dans cette source que la Vérité pure de laquelle se ramifie les véracités. De cette source toutes les créatures tirent leurs breuvages ; Puis certainement le croyant exclut à son Seigneur tous ce qui ne lui est pas digne.

Origine des connaissances les plus justes ('aïni-l-ma’arifi al aqwam)
La source de la rectitude la plus parfaite.

Ton sentier parfaitement droit (siratika tammi-l-asqam)
C'est-à-dire ton chemin parfaitement juste et dépourvu de toutes déviances.
ASQAM appartient à un registre linguistique rare, SAQAMA ; YASQOUMOU a le même schème et la même signification que 'ADALA ; YA'DILOU.
Quand les arabes disent SAQAMTA , ils veulent dire que tu as adopté une attitude juste, cette expression est encore d'usage auprès des arabes du maghreb.
Cependant ASQAM ne découle pas des schèmes SAQIMA et SAQOUMA qui veulent dire « être souffrant » car certains se sont trompés en estimant que ASQAM provient de malade.
Même si la maladie n'est guère une faiblesse pour les prophètes u Allah dit à propos de Jonas u :
« Nous l'avons éprouvé dans la nudité et la maladie. »
Et il est rapporté dans un hadith authentique du Sahih de Boukhari que le Prophète r a dit : « Certainement je souffre comme deux personnes parmi vous. »
Ainsi il se révèle que sa grande maladie est une perfection.
Ô mon Seigneur, prie sur celui dont tous les états sont excellences même la rudesse de la maladie car il y a en cela une leçon de courage pour ceux qui souffrent au sein de la communauté Mohammedienne.
Pourtant ce n'est pas le sens escompté dans cette prière car AL ASQAM veut dire « le plus juste. »

La manifestation de la Vérité (tal'ati-l-haqqi)
Celui que Dieu a embelli par les qualités de la perfection tel que cela est concevable pour la création. Enfin Dieu est certainement son allié.

Le trésor le plus sublime (al kanzi-l-a'dham)
L'essence des secrets particuliers.

Le flux venant de Toi et retournant à Toi (ifadatika minka ilaïka)
Le Prophète r est créé pur de toute imperfection, ses agissements sont exclusivement en vue de son Seigneur, dans tous les états.

La quintessence des lumières dissimulées à toute connaissance
(ihatati-l-nouri al moutalsam)
Celui dont la station n'est connue que de Dieu seul, il détient les sciences des premiers et des derniers, il est certainement la créature qui craint le plus Allah.
« Craignez Allah et Allah vous enseignera. »
MOUTALSAM : Ce mot trouve sa racine linguistique dans TARSAMA, tel qu’il est rapporté dans Lisan al 'Arab, et cela veut dire Cacher.
Tarsama al tariqa : signifie cacher la voie.
Tarsama a-rajlou : signifie l'homme a baissé sa tête.
Quand au mot TALSAM il a le même sens.
Al Moutalsam veut dire le caché, celui qui est arrivé à un degré très élevé et inaccessible, c'est pour cette raison que le Prophète r dans son excellence parfaite est dissimulé à la connaissance de la création.

POINT A ECLAIRCIR

QUESTION :
Est-il vrai que les disciples Tidjani affirment que le statut de la Djaouharatou-l-Kamel est plus important que celui du Saint Coran ?
REPONSE :
Cette affirmation est fausse, il est incontestable que le statut du Coran est plus important que celui de Djaouharatou-l-Kamel et cela pour trois raisons principales:

Le Coran est la parole de l'Essence Divine, par suite, elle est donc la plus importante forme de dhikr.
Seïdina Ahmed Tidjani t a dit dans Djawahirou-l-Ma’ani :
« La prééminence du Coran sur toutes autres paroles d'évocations et formules de prière sur le Prophète r est plus éclatante que le soleil. Il est fait cas de cet éclat dans les principes même de la Char'ia. »

{2} La condition de purification exclusivement par l'eau pour pouvoir réciter cette prière n'induit pas la supériorité de Djaouharatou-l-Kamel sur le Coran car le particularisme n'implique pas forcément la supériorité.
On peut confronter à titre d'illustration deux hadith prophétique, l'un est celui où la mère des croyants 'Aïcha t a rapporté que le Prophète r a dit :
« Je vous assure que je vois les diables, qu'ils soient de l'espèce des Djinn ou de l'espèce humaine, prendre la fuite devant 'Omar. »
Quant à l'autre il s'agit du hadith où le Prophète r déclare à ses compagnons que la nuit dernière un démon s'est jeté sur lui alors qu'il priait, puis le Prophète r l'a terrassé et ligoté avant de le libérer. Est-ce que cela voudrait donc dire que 'Omar t est supérieure au Prophète r car les démons n'osent pas s'approcher de 'Omar t mais un d'entre eux n'a pas hésiter à s'attaquer au Prophète r. Loin de nous cette pensée, il s'agit là seulement de particularité qui n'implique en rien la supériorité. Ainsi pour tel compagnon le Trône d'Allah a tremblé à sa mort, pour tel autre se sont les anges qui ont fait son lavage mortuaire, pour tout un groupe de compagnons Allah leur a donner le prodige de marcher sur l'eau et le prophète Mohammed r n'était pas avec eux, alors que le prophète Moussa u et son peuple ont dû traverser la mer avec le contact de la terre ferme.
Les exemples de particularités abondent et Allah fait certes ce qu'Il veut sans que personne ne soit en droit de lui en demander la raison.

Comment pourrait-on prétendre que Djaouharatou-l-Kamel est supérieur au Coran alors que celle-ci a un équivalent qui est la récitation de vingt Salat Fatihi alors que le Coran lui n'a aucun équivalent et rien ne peut le remplacer. Cette différence réfute donc cette accusation tout en sachant qu'Allah met sévèrement en garde celui qui délaisse le Coran.

Traduction et commentaires de la Zaouiya Tidjaniya El Koubra d'Europe, extraits tirés du livre Djawahirou-l-Ma'ani et des écrits de Cheikh Mohamed El Hafidh, qu'Allah lui fasse miséricorde.
Tiré de: www.tidjaniya.com
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BAYE NIASSE et CHEIKH SIDI AHMED TIJANI vie/oeuvre

Publié le 20/10/2006 à 12:00 par nouroufaydatou
BAYE NIASSE et CHEIKH SIDI AHMED TIJANI vie/oeuvre
CHEIKH IBRAHIMA NIASS (1900-1975)

Le cheikh se félicite de l’apparition de la lune du mois de Rabîa, qu’il s’approprie et se congratule lui-même. Ce poème exprime son amour infini à l’égard du prophète. Il est largement décliné par les animateurs de la faydha, en particulier Muhamed Nazir Niass et Mouhamed Lamine Niass.

Nous l’offrons, en transcription allégée suivie d’une lecture, en cadeau du mawlid 2006.

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LECTURE DU TEXTE

Hanî-an li-ibrâhima lâha hilâluhu Hilâlun badà li-nazirîna jamâluhu
Hilâlu rabî-in fihi jâ-a muhammadun Fatamma lanâl buchrà wa amma nawâluhu
li-afdali ardin halla afdalu mursalin bi-afdali yawmin, fastabâna kamâluhu
qad_ikhtîra min kullil awâlim asluhu kamâ _khtîra, wa_khtîrat lizâka fi-âluhu
muhammadun mukh-târun wa âdamu tînatun muhammadun, yawmal ba-a°thi, râqa khisâluhu
muhamadun nûrul khalqi, wa huwa muhammadun azîmun, azîmul khuluqi, tamma jalâluhu
alayhi salâtu llahi çumma salâmuhu yazûlu azâbun âna minka zawâluhu
alayhi salâtu llahi çumma salâmuhu yubîdu aduwwad dîni minka qitâluhu
alayhi salâtu llahi çumma salâmuhu yakûnu aduwwi chudda minka wabâluhu
alayhi salâtu llahi çumma salâmuhu matà lâha min fawqîs samâ-i hilâluhu
alayhi salâtu llahi çumma salâmuhu bihâ khussisal as-hâbu turrab w âluhu.

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Félicitations Ibrahim à l’apparition de Ta lune Celle là qui apparaît aux scrutateurs dans toute sa beauté
La lune du mois Rabî-a, mois de la naissance de Muhammad Mois de la bonne nouvelle et propagation de ses bienfaits
S’est installé le meilleur prophète dans la meilleure région Dans le meilleur jour, s’est réalisée sa complétude
Lui a été choisie la meilleure ascendance parmi la créature Comme il a été choisi, de même la meilleure oeuvre
Muhammad fut élu alors que Adan n’était que boue Et, à la résurrection, ses qualités seront éclatantes (1)
Muhammad est la lumière de la création et il en est l’Elu Lui le grand, le noble de caractère, à la majesté complète.
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, par lesquels, Il éloigne les châtiments (2): il temps que Tu les éloignes
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, par lesquels, Tu accomplis l’accès au vil (2) Barham à l’Enceinte Scellée
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, par lesquels, Il massacre l’ennemi de la religion : c’est toi qu’il combat.
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, par lesquels, Le malheur de mon (3) ennemi, par toi, s’en trouve raffermi.
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, par lesquels, A chaque fois que sa lune apparaîtra dans le Ciel
Sur lui la Paix de Dieu et son Salut, Réservés aux compagnons et à sa famille.

Notes :
(1) la résurrection, il sera le premier à sortir de terre, le premier à entrer au paradis mais surtout, il sera l’intercesseur. Quand toute la créature cherchera l’intercession auprès des prophètes, ils déclineront tous la mission. Alors, Muhammad dira : Oui, elle est pour moi. Il sera le guide de tous, l’imam des imams.
(2) Signes de modestie de la part de l’auteur, dont Barham est un nom.
(3) Oui, car son ennemi est celui de Dieu. Celui qui la combat par erreur, sur la base de fausses informations n’en fait pas partie. Ailleurs, il prie Dieu de montrer à celui sa vraie nature afin qu’il quitte son erreur.


CHEIKH SIDI AHMED TIJANI : VIE ET OEUVRE

Extrait de ‘LA TIJANIA’
Aïn Mâdî' est l'oasis choisie par le quatrième grand-père du Shaykh Tijânî, Mokhtâr, originaire des Tribus de Abda qui avait émigré, moins d'un siècle auparavant, fuyant le ravisseur portugais. Cet éminent Chérif, n'avait fait que se déplacer, en fait, d'une région marocaine, à une autre, car Aïn Mâdî, chef-lieu de la tribu Tijânie, faisait partie du Sahara oriental, dépendant, alors, du Maroc; Sidi al Mokhtâr s'intégra, par alliance, au sein du groupement tribal des Tijânîs.
Sidi Ahmed est né à Aïn Mâdî, en l'an 1150 de l'hégire. Maints poèmes furent composés, pour commémorer cette naissance. Son père, Sidi Mhammed Ben Al Mokhtâr Ben Ahmed Ben Mhammed Ben Sâlem, était d'une vaste érudition. Sa mère est la fille de Mohammed Ben Sanoûssi. Les deux furent atteints de la peste et moururent le même jour, (1166 H). Les membres de cette noble famille furent, pour la plupart, d'éminents polyvalents, notamment dans les sciences islamiques. Son neveu maternel Abdellah al Mâdaouî, réputé par ses connaissances générales, principalement dans les sciences mathématiques, fut, comme les autres, un grand soufi.
Le jeune Ahmed, eut l'heur de vivre, toute la fleur de son âge, dans l'ambiance saharienne de ce groupe harmonieux, élevé dans le cadre d'un pur sounnisme. Dès son premier "septain", il apprit tout le Coran par coeur, les recueils didactiques, pour devenir, dès la fin de sa deuxième décennie, un grand Alem, juriste et homme de lettres ; les gens affluaient, de toutes parts, pour le consulter et
1 Aïn Mâdî est un village édifié au XI ème siècle de l’ère chrétienne par Mâdi Ben Yaqoûb, à proximité d'une source d'eau.
Despois J :Le Djebel Amout; 1956 (p. 79)
Daumas, M.JE., Le Sahara algérien, 1845 (p. 35)
profiter de sa double culture à la fois exotérique et ésotérique. Il se maria, du vivant de ses parents, avant d'atteindre la seizième année de sa vie fructueuse. Mais, explorateur dynamique, en quête des grands érudits de l'époque, il ne put garder sa Première épouse, de crainte de la délaisser seule, lors de ses longues pérégrinations ... Il épousa, alors, deux de ses servantes, qu'il avait auparavant affranchies, donnant, ainsi, le meilleur exemple du respect des hautes aspirations et des judicieuses attentes de l'être humain, sur le plan éminemment sounnite, des droits de l'homme et de la femme". Une de ses servantes Mabroûka lui donna un premier fils: Mohammed al Kébir et l'autre Moubâraka, le deuxième garçon Mohammed Al Habib, deux éminents khalifes dont la haute éducation eut pour assise l'attachement de leur vénéré père à la Sharîa et aux principes pérennes de la Sounna. Il les maria, tous deux, dans la ferme observance des traditions authentiques où dots et dotations, étaient réduites au strict minimum.
Ainsi, à peine âgé de seize ans, le jeune Tijânî avait accédé au rang de mufti, non seulement sur le plan de la Sharîa, en tant que jurisconsulte, mais dans le forum plénier des sciences et arts islamiques où il excellait. Les cours qu'il donnait dans les mosquées, les controverses qu'il animait avec l'élite intellectuelle de ses contemporains, proéminents dans leur spécialité, lui assurèrent une large suprématie, sur le plan exotérique. Son critère foncier, qui le distinguait et le marquait, dans la fleur de son adolescence, fut son attachement indélébile à un sounnisme authentique, dans son conceptualisme serein et son ponctualisme souverain. Les chapitres élaborés, en l'occurrence, dans Jawâhir Al Maâny (Perles des Idées) en font foi. Là, ses analyses pertinentes sont d'une grande ouverture, freinée exclusivement, par une observance stricte ' mais bien mesurée, des concepts et préceptes d'un Islam universel. Le dogme authentique de la Sounna, s'avère, alors, dans les composantes de ces analyses, bien documenté. C'est grâce à cette primauté exotérique pondérée,
2- Sidi Ahmed ne cessa de s’approprier des «esclaves» des deux sexes, pour les libérer.
Le nombre des affranchis atteint un jour 25 personnes; dans ce forum ménager, les esclaves» menaient un train de vie chastement libéral et hautement fraternel Sidi Ahmed ordonnait, constamment, à ses compagnons de ne guère dévier de ce concept idéalement mohammadien.
que l'ésotérisme Tijânî s'avère si authentique, dans son élan somato- spirituel où la matière, chez l'être humain, n'est que l'élément complémentaire de sa spiritualité. Un éventail assez large des grands maîtres soufis de Sidi Ahmed se déployait dans les diverses régions du Royaume. Il ne manqua guère, mû par ses hautes aspirations vers le sublime, d'entreprendre une pérégrination qui l'amena à Wazzane, où il eut l'heureuse occurrence de rencontrer, en premier, "le grand pôle" Sidi Taïb Ben Mohammed Ben Sidi Abdellah Ech-Charîf, chef vénéré de la ligne idrisside maghrébine; ce ne fut qu'une simple relation de bénédiction avec ce premier Shaykh (décédé en 1181 H), car Sidi Ahmed se refusa, dans cette étape de son processus spirituel, une quelconque responsabilité non didactique; il n'eut pas encore le loisir de se consacrer à une tierce orientation éducative, se contentant de s'assurer une perfectibilité adéquate, par une série de liaisons- test. Le pôle Sidi Taïb avait atteint un rang parfait, dans l'échelle des valeurs spirituelles ; notre jeune Shaykh, Sidi Ahmed en profita pleinement, car il s'agit d'une série de générations où quatre pôles, parmi les Chérifs, se reliaient, dans cette hiérarchie si optimale. Sidi Taïb avait succédé à son frère Moulay Thami (décédé en 1127 H), digne disciple de son père Sidi Mohammed (décédé en 1120 H) qui hérita de leur ancêtre, le grand Ghawt Moulay Abdellah (décédé en l'an 1089 H). Celui-ci fonda la cité de Wazzane, ayant pour maître, un des grands pôles de la montagne toute proche de Sarsar, Si Ahmed Ben Ali Es-Sarsârî, un des piliers de la confrérie Tabbâiya Jazoûliya, source des grands ordres mystiques du Royaume. A l'époque. le pôle Sidi Ahmed Sqallî vivait à Fès. Mais le Sheikh Tijani n'avait pas eu l'occasion de le voir de près, évitant, parfois, tout contact, avec des Sheikhs de cette envergure, car fait remarquer l'auteur de la Boghia (p. 157)- "La Providence divine avait voulu qu'il n'eût pour seul maître que le seul maître universel et le sublime des créatures, le Prophète Sidna Mohammed".
Néanmoins, le Shaykh Tijânî, n'a rien épargné, à la suite du couronnement de son processus hiérarchique par la Grande Ouverture, pour rendre un vibrant hommage à Moulay Idriss, éminent Arif (gnostique), qui honore, par ses hauts privilèges, la capitale Idrisside.
Dans son parcours, à travers le Maroc, une nouvelle conjoncture se présenta, dans le but d'entrer en contact avec le Grand Wali Sidi Mohammed Ben al Hassan al Wanjalî (décédé 1185 H), de Beni Wanjal, du Jabal Ez-Zabîb, qui lui annonça son prochain accès au rang élevé du Grand Saint du Rif, Abou Al Hassan Chadhili, supposé inhumé à Alexandrie, dont les hauts préceptes et concepts avaient fait école, dans tout l'Orient musulman, dès le huitième siècle de l'hégire. Mais, cette fois encore, le Shaykh Tijânî avait décliné l'offre qui lui était faite, de s'insérer dans la chaîne confrérique wanjalie, ainsi que celle du célèbre Sidi Abdellah Ma'n l'Andalou (décédé en 1188 H), maître d'un ordre caractérisé par le "lien" de lichrâq (flot de lumière extatique), sans wird spécifique.
Ce fut à Taza qu'il eut affaire à un Grand Saint "rnalâmati", Sidi Ahmed Et-Tawwâch (décédé en 1204 H) qui lui conseilla d'observer le trio leitmotiv de l'ouverture: la "khalwa", l'isolement du Monde et le "dhikr". Il déclina cette nouvelle offre, quoique réduite par le célèbre wali, et en fin de compte, à la seule observance d'un certain dhikr bien spécifié. Le Shaykh Tijânî repoussa poliment la proposition, aspirant inopinément à un don divin spontané, sublime, sans effort, ni épreuve. Dans ses rebuts réitérés, le Shaykh semble être le réceptacle d'une forte inspiration, émanant d'en haut et confortée par l'espérance dont ses maîtres avaient animé le tréfonds de son âme. Sidi Ahmed poursuivit ses tests, comme s'il s'attendait à de nouvelles promesses et à de meilleures révélations.
Il s'engagea, alors, successivement, dans les ordres Qadiri, Nâssirî, Siddîqî (voie de Sidi Ahmed al Habib de Sijilmâssa), essayant d'intégrer, cette fois, des confréries, s'inspirant des émanations et effluves des générations antérieures, les grands maîtres du "Barzakh" .
Suite à cette série d'épreuves qui lui firent apparaître certaines spécificités marquantes et fins messages dont il était le destinataire, il s'empressa de retourner au Sahara, sur recommandation de son maître Al-Wanjalî, qui lui révéla que l'accomplissement de son "Fath" (Ouverture) ne se réalisera que près
3 Châdhili est décédé à la Mecque, selon certains hagiographes, pour d’autres, il le fut au désert de Aîdhab (haute Egypte), c'est la version plausible (Nafh et-Tib, Meqqari T1 p. 587) et (Chadharat ed- Dhahab T5 p. 278) et (Tabaqàt ech-Charâni T2 p. 4)
a N. d’édition: « Intermonde »
de la Zaouiya du grand "qotb" (pôle) de "Balad Al Abied" au Sahara. Là, il Poursuivit ses prières, ses enseignements et ses sermons, durant un lustre, interrompus par des visites intermittentes à "Aïn Mâdî". Passé ce délai, il fit un saut à "Madînat al Jidâr" (Tlemcen) où il s'installa, s'ingéniant, outre ses offices et cultes, à enseigner le Hadîth (tradition du Prophète) et le Tafsîr (exégèse du Coran).
C'est dans cette cité- souligne l'auteur de la Boghia- (p. 161), que la Providence du Seigneur lui assura une parfaite disposition à recueillir un flot d'ouvertures et de "successibilités" infinies, empreintes d'une extrapolation, sans pair, et d'une vive accélération centripète convergente.
Un aimant irrésistible d'attraction émanait de sa personne, miraculeusement illuminée, exerçant une intense séduction dans toute son ambiance. Maintes délégations, affluaient de toutes parts, en quête de sa bénédiction. Loin de s'en enorgueillir, il les esquivait poliment, ne se croyant guère en mesure de transcender au rang de Shaykh. Une délicate retenue et une modeste pudeur, devaient motiver ces accès, non autorisés par son maître unique, le Prophète Sidna Mohammed que Dieu le salue et le bénisse. Le Shaykh Tijânî, est, de plus en plus conscient, que tout engagement dans la direction des consciences, est fonction d'une permission formelle, émanant d’Allah, par l'entremise d'un Message Mohammadien.
Ainsi, dans ce stade de son processus, le Shaykh Tijânî, se voit dans l'obligation de conforter ses ascensions, par le pèlerinage à la Mecque et la visite sacrée du Tombeau du Saint Prophète. Il quitta la cité de Tlemcen, en l'an 1186 H. A Zwawa, en Algérie, il eut tout loisir de faire la connaissance du Shaykh Mohammed Ben Abderrahman al Azharî (décédé en 1208 H), auprès duquel, il s'inséra dans l'ordre Ehalwatî, qui lui fut transmis par le maître Hafnaoui; lors de son passage en Tunisie, il y partagea son séjour, durant toute une année, entre Tunis et Soussa, dispensant généreusement ses enseignements dans les diverses branches des sciences islamiques, notamment, l'exégèse coranique, la Sounna, prenant modèle sur la vie sublime de l'Envoyé d’Allah et sa conduite exemplaire. Ne pouvant contacter personnellement le grand Pôle de la région, il se contenta d'une correspondance, par personne interposée Abdessamad Rahwî, disciple du Qotb et un des quatre personnages ayant libre accès auprès du Shaykh, les nuits du Vendredi et du Lundi. Le Qotb s'empressa de rendre hommage à Sidi Ahmed, qu'il qualifia d'Aimé d’Allah.
Entre temps, le Shaykh Tijânî s'ingéniait à dispenser les disciplines soufies, à travers les "Hikam", (Adages de Sagesse) d'Ibn Atallah d'Alexandrie, amplement commentés par les Soufis dont le fameux Zarroûq qui leur réserve vingt sept "sharhs" (commentaires).
Le prince de Tunis, émerveillé par ses cours bénévoles, lui proposa un séjour prolongé, dans la capitale, pour faire profiter, de sa haute culture, l'auditoire de la Zaïtoûna, première Université Africaine, édifiée un siècle avant la Qaraouyène de Fès (245 H) et deux siècles avant celle d'Al Azhar du Caire (jade siècle). Le prince tunisien ordonna, alors, un octroi généreux au Shaykh, lui réservant demeure et subvention. Le Shaykh, dont la "himma"", rejeta tout don autre que celui de la Généreuse Providence, s'empressa de s'esquiver, en quittant le pays, le lendemain, pour Le Caire. Là, l'éminent Shaykh irakien Mahmoud al Kourdî, bien connu en orient, par sa haute luminance, éclatante et pénétrante, s'attacha vivement à la personne de Sidi Ahmed dont il prédit un futur florissant, dépassant de loin, toute prééminence, dans le rang des "Qotbs". Il ne s'attarda pas longtemps, en Egypte, actué par une luminescente mouvance vers les Lieux Saints, se délectant d'avance des approches mohammadiennes. Son arrivée à la Mecque eut lieu, juste après le mois de Ramadan de l'an 1187 de l'ère hégirienne. Dans cette cité sainte, la haute maîtrise hiérarchique revenait au Grand Shaykh, l'Indien Ahmed Ben Abdellah, dont Sidi Ahmed n'a pu, encore une fois recevoir la transcendante bénédiction et les subtils enseignements, que par correspondance, sans contact effectif Le même phénomène de Tunis se répéta alors ; mais, cette fois, le Shaykh al Hindi, lui révélant avec précision la date de sa mort (le vingt Dhoul Hijja de la même année), lui annonça qu'il sera son successeur, auquel il transmit les pouvoirs spirituels. Sidi Ahmed refusa encore, avec tact et doigté, tout conditionnement à cet accès, préférant se référer, exclusivement, à la grâce divine, à la libre aisance et à l'acte introspectif qui régira, dès lors, toute mouvance, dans l'actuation spirituelle du futur Ordre Tijânî. Désormais, l'assise
b) N. d. e..: 'énergie spirituelle"
foncière de la Tarîqa sera l'observance stricte de la Sounna, l'attachement indélébile à la tradition prophétique, sans excentricité corporelle ou abus formels excessifs. La conscience doit agir par elle-même, sans effusion extérieure. Le pèlerinage accompli, Sidi Ahmed, partit pour Médine, attiré par un sentiment nostalgique vers la sépulture sacrée du Sceau des Prophètes, intensément remué par les reflets d'une effluente luminescence mohammadienne. Il ressentit, de cette approche, une secrète émanation et un effluve telle une décharge alimentée par un potentiel, puissamment ancré dans son être intime.
Un nouvel accès, affectif, l'amena vers le Qotb Essammân, "Ghawt" éminent émerveillé par l'émergence visionnée d'un cachet distinctif, sans khalwa, qui démarqua, déjà, en lui la spécificité de certains contours intimes. Essammân, disciple du Shaykh Mustapha al Basrî es-Siddîqi, n'a pu retenir son vif enthousiasme, exalté par une inspiration divine qui secoua son âme admirative. Ce contact, le dernier que Sidi Ahmed avait pu réaliser, dans son parcours explorateur, le ramena au Caire où son maître al Kourdî, lui révéla les secrets de l'Ordre Ehalwatî dont il finit par accepter la mission didactique, devant l'insistance de son maître initiateur. La condition que le Shaykh Tijânî ne cessait d'exiger, est la temporalité de tout engagement, l'érigeant au rang de Shaykh, chargé d'un leadership spirituel, sans l'ultime permission, en l'occurrence, du Maître Suprême, Sidna Mohammed. Il semble que cette sublime autorisation, le Shaykh a fini, par l'avoir, lors de son séjour à Médine, réitérée par Al Kourdî au Caire. Son retour à Tlemcen en 1188 H, couronna, donc, tout un processus miraculeux de manifestations théophaniques. C'est là où il avait pu rencontrer son premier disciple, Si Mohammed Ben Mohammed Al Mechrî de Tekret (région de Constantine), auquel il confia, avec l'ordre Khalwatî, certains des secrets introspectifs et des "dhikrs" dont il fut éminemment pourvu. Une subtile intimité le lia, désormais, à ce grand élu, mis sciemment par la Providence sur son chemin, jusqu'à l'an 1224 H (date de son décès). C'est un personnage d'une culture proéminemment sounnite et ésotérique, auteur de maints ouvrages sur la Sharîa et le soufisme. Unique compagnon, il présida, dès la première heure, les cinq prières obligatoires du Shaykh, jusqu'à l'an 1208 H, où le Shaykh assura lui-même, son auto- présidence, sur ordre spécifique mohammadien.
c) N. d. e :'Secours'
Après un long séjour à Tlemcen, il reprit en 1191 H, le chemin de Fès, aspirant ardemment, à un recueillement intime auprès de l'illustre Qotb Moulay Idriss à Fès. Il rencontra, alors, à Oujda, son deuxième disciple Sidi Ali Harâzem, futur auteur de Jawâhir al Ma'âny (Perles des Idées). Cet ouvrage, élaboré sur ordre du Shaykh, est devenu le compendium de la Tarîqa et de la Haqîqa, dicté, dans sa majeure partie, par le promoteur de la Tijânia. Ce Thesaurus est le fruit d'une haute acculturation, résultant d'une osmose interférentielle où les éléments d'un double flux s'interpénètrent intimement. Le Shaykh rappela à son nouveau khalife un songe prémonitoire que celui-ci avait entrevu, mais oublié, à propos de ce compagnonnage. Sidi Harâzem s'en est souvenu et en fut, d'autant plus assuré du caractère sacré de ce lien que lui réservent les desseins impénétrables de la Providence. Un sentiment de félicité ineffable et de bonheur indicible, envahit tout le tréfonds de son être, conscient de la Prééminence transcendantale du Shaykh Tijânî ; car les contours imaginés et conçus en rêve, s'esquissent, de plus en plus clairs, en fresques palpitantes, dans sa subconscience. C'est bien le Maître auquel il aspirait. En rentrant à Fès, le Shaykh octroya à son nouveau disciple qui l'accompagnait, les dhikrs discrets de la Khalwatia, dans ses interférences sublimement secrètes. Il retourna à Tlemcen, en temporaire, car le Shaykh lui conseilla, de pérégriner, ailleurs, vers les Lieux Saints: "Attachez-vous" fermement à l'engagement convenu, avec amour, la grande ouverture surviendra inopinément, lui prédit le Shaykh qui alla s'installer, lui aussi, dans cette cité qu'il quitta, bientôt, en l'an 1196 H, pour Chellâla et Aboû Samghoûn, deux Qsoûr du Sahara Oriental, où il s'était déjà, longtemps recueilli. Il demeura, tout un lustre à Chellâla, pour reprendre le chemin d'Aboû Samghoûn, en l'an 1199 H, où il résida, quelque temps, avec sa famille. Il ne manqua guère, lors de son séjour dans ce bourg béni, de se déplacer à "Touât", pour contacter le grand Arif ( gnostique ) Mohammed Ben Al Foudaïl qu'il. avait déjà rencontré auparavant. Le Shaykh avait écrit, à maintes reprises, à cet éminent personnage, sollicitant certains secrets et dons ésotériques dont Allah le gratifia. Il ne lui répondit guère, aspirant à un contact effectif avec notre Shaykh dont il prévoit l'inestimable destinée, au sein du forum des Elus d’Allah. Une bénédiction mutuelle scella la réciprocité des deux pôles.
De ces Qsoûr sahariens, le Shaykh fit un saut à Taza, en quête d'un grand ami, que le Seigneur lui destina, comme disciple et compagnon, Sidi Mohammed Ben Larbi Damrâwî. Il l'aimait particulièrement, car le Prophète le lui avait recommandé, et il ne manquait pas de lui rendre, constamment, visite, quand il deviendra son médiateur, s'entremettant entre lui et le messager d’Allah, que le Shaykh n'osait contacter par sublime retenue. Il s'est avéré que cette révérence pudique était le propre de certains compagnons du Prophète, eux-mêmes, qui n'osaient nullement l'approcher, ignorant effectivement, jusqu'aux empreintes les plus apparentes de sa personnalité. Cet état de crainte déférente et de politesse respectueuse est fonction du rang hiérarchique de l'être bien aimé.
Mais, dans tout ce processus, le Shaykh Tijânî ne manquait pas de retourner à son village natal qui regorgeait d'éminents "Uléma" dont la vaste érudition attira l'attention du grand soufi, Aboû Sâlem al Iyâchî, dans sa "Rihla" où il fit l'éloge de la prééminence de l'érudition polyvalente des uléma de Aïn Mâdî.

LE SHAYKH ET LES TURCS D'ALGERIE

Au début, Sidi Ahmed n'avait pas quitté Aïn Mâdî, de bon gré. Il était constamment épié et obsédé, avec les siens, par les Turcs. De retour de ses pérégrinations, il faisait une escale, de temps en temps, à Aïn Mâdî. Mais, dès l'an 1171H / 1757 ap. j, il fut contraint de s'en éloigner, par les exactions répétées du Bey d'Oran Mohammed Ben Othmân. Il demeura, comme nous l'avons vu, cinq ans à Bled Al Abied, au Sahara Oriental. Il entreprit, alors, son périple, s'orientant vers les Lieux Saints, à travers une longue randonnée, au Maghreb et en Egypte, recherchant les grands Maîtres de la voie soufie orientale.
Aïn Mâdî faisait alors partie d'une province marocaine. Il est curieux de constater que le Sultan du Maroc Moulay Abdellah, fils de Moulay Ismaïl (véritable fondateur de la Dynastie Alaouite) avait dépêché, l'année même de la naissance du Shayhh Tijânî, une expédition, sous la direction du Caïd Jilali Ben Mohammed Saffar, contre les faiseurs de troubles, qui, sous l'impulsion des Beys Turcs, cherchaient, déjà, à promouvoir une série d'incidents, tendant à détacher cette partie du Maghreb, de la Souveraineté marocaine. La lutte continua, acharnée, à l'encontre des mercenaires sécessionnistes. Le Sultan Sidi Mohammed Ben Abdellah (décédé en l'an 1204 H / 1789 ap. J.), envoya un nouveau commando contre des troupes turques qui attaquèrent, sous le commandement du Bey de Mescara, les provinces orientales du Royaume marocain dont Mhaya, Benou Hachem, le Sud d'Oran, Chellâla, Aflou, Aïn Mâdî et Laghwât, territoires faisant partie du Maroc, depuis cent cinquante ans. A la mort du Souverain Alaouite Mohammed III, le Shaykh Tijânî, âgé de cinquante quatre ans, pourchassé par les autorités turques, cherchait à s'esquiver des zones troubles. Pendant plus d'une
1 où se trouve la Zaouiya du Shaykh Sidi Abdelqâder; connu sous le nom", de Sid Shaykh es-Siddîqî (la Boghia p. 120).
2 le capitaine Martin, dans sort ouvrage (quatre siècles de l’histoire du Maroc du Maroc et du Sahara) (p. 101) – Mercier : l’Histoire de l’Afrique Septentrionale.
décennie (1774-1784), il ne cessa de faire la navette, entre Tlemcen (où il demeura huit ans jusqu’à 1774 jusqu'à 1774) et Fès (1781), pour revenir à Abî Samghoûn et Chellâla au Sahara, en 1784. Le Maroc était, alors, dans la plénitude d'un mouvement salait, animé par le Sultan, qui sera poursuivi, en liaison avec le Shaykh Tijânî, dès l'an 1789.
Or, le grand soufi, Moulay Larbi Derqâwî, qui mourut un an après le Sultan Moulay Slimâne (1239 H / 1823 ap.J.), avait, alors, créé, un ordre confrérique, très connu par ses orientations qui ne plaisaient nullement au Souverain marocain ; celui-ci s'érigea en champion de la Sounna et lutta, contre les Mawâsim, les hadras, les danses mystiques, les Samâ' (musique extatique), assises foncières des Darqâwas et qui constituaient, selon le Sultan, des excentricités blâmables. La Tarîqa Tijânia, très stricte, dégagée de toute obédience châdhilite, se déclara, dès ses débuts, d'empreinte mohammadienne, rebutant tout débordement extatique, sans, pourtant, renier certains penchants humains, qui ne dévient guère du fondamentalisme bien conçu de l'Islam. De là, naquit un tiraillement bien marqué entre les deux tendances.

FES, ULTIME DEMEURE DU SHAYKH TIJANI
Après un périple, entre Abî Samghoûn, au Sahara Oriental et Tlemcen, le Shaykh Sidi Ahmed s'installa à Fès, sa demeure préférée, en l'an 1213 H / 1798 ap.J.. Son influence grandissante à Aïn Mâdî et au Sahara, inquiétait le Gouvernement Turc qui alla jusqu'à imposer un tribut annuel à Aïn Mâdî, en 1199 H / 1785 ap.J. La capitale Idrisside était, alors, le centre d'épanouissement de l'Afrique'. Son rayonnement est étayé par la grande Université de la Qaraouyène, édifiée en l'an 245 H / 859 ap. J, bien avant l'Université de l’Azhar du Caire 359 H / 969 ap.J; Fès, étant le centre africain optimal où s'accomplit la symbiose de la science de la Cité tunisienne de Qaïraouân et de celle de Cordoue, capitale de l'Andalousie omeyyade, à la suite de l'immigration à Fès de centaines de familles des deux capitales de ]'Occident musulman. C'est «la Baghdad du Maghreb». 'Pour la plupart des musulmans d’Afrique- fait remarquer Gabriel Charmes² _ , Fès est la première ville sainte après la Mecque. Sa sainteté provient de son origine idrisside et du rôle qu'elle a joué dans l'histoire de l'Islam". "Fès- dit Delphyn- est le « Dar al 'Ilm» (la maison de Sapience), l'asile et le réceptacle de sciences islamiques, car la Qaraouyène fut ,la première école du Monde» où affluaient les Egyptiens, les Tripolitains, les Andalous et même les Européens. Des étudiants de l’Afrique occidentale ne cessent d'émigrer à Fès, pour parfaire leurs connaissances canoniques. Campou fait état de ces "étrangers de toutes nationalités et de toutes religions qui y accouraient de toutes parts".
1 Se référer à mon ouvrage sous presse « Fès, Centre d’épanouissement de l’Afrique», édité par l’Association Fès- Saîs.
2 Se référer à l'ouvrage de Delphyn « Fès, son Université ». (éd.1889) et Godart. «Description et Histoire du Maroc», Paris, 1860, 2 vol.
3 Gerbert d’Aurillac, devenir Pape, sous le nom de Sylvestre II, en l'an 999 ap. J, y avait fait– dit- on, ses études, comme le confirme J. Berque.
Léon Godart dépeint aussi la Qaraouyène comme «Dar al 'Ilm, la plus complètement organisée, sous forme d'Université». C'est pourquoi Ali Bey al Abbassi (alias D. Badia y Leblich) considère Fès ,comme l'Athènes de l'Afrique,, qui n'a rien à envier enchaîne Lévy Provençal- aux autres métropoles musulmanes», parce que ce c'est là où s'élaborait ce que l'on a appelé la civilisation arabe, qui partait du Maroc, pour briller, d'un éclat dont les reflets commençaient à éclairer l'Europe". Ce fut donc une pépinière d'où émanaient des sommités intellectuelles comme Léon l'Africain, né à Grenade. La femme musulmane y trouva son compte, car la célèbre Al Alia, fille du Shaykh Taïb Ben Kiran, y donnait des cours de logique dialectique et formelle ; ce qui incita Mouilleras à s'exclamer, dans son ouvrage «Le Maroc Inconnu», en l'an 1895: "Une femme arabe, professeur de logique ! qu'en pensent nos géographes et nos sociologues qui ont répété, sur les tons les plus lugubres, que le Maroc est plongé dans les ténèbres d'une barbarie sans nom, dans l'océan d'une ignorance incurable ? Une intelligence marocaine plane dans les régions élevées de la science !".
C'est là où le Shaykh vint terminer ses jours, dans la Zaouiyamère qu'il édifia à Fès, recueilli dans la villa (Dar al Mrâya) que le Sultan Moulay Slimân mit à sa disposition. En sus de son activité culturelle, de ses cours dispensés à la Qaraouyène et dans la Mosquée dite « ed-Diwân», sa vie intègre et sa grande érudition, émerveillèrent les fassis et surtout le Souverain Alaouite, qui s'érigea, alors, en défenseur du Sounnisme. Il trouva, en la personne du Shaykh Tijânî, le symbole qui personnifie par son comportement et ses prêches, les concepts indélébiles de la Sharîa.
Au sein de son nouvel Ordre confrérique, nulle trace d'élans excentriques tels les Mawâssim», les Hadras» et les «reqs» (danses extatiques), autant d'actes que Moulay Slimâne stigmatise et flétrit dans une épître qu'il élabora, en l'occurrence. Cette attitude salafie commune mit l'un au diapason de l'autre. Un autre facteur, non moindre, rapprochait foncièrement les deux personnages, à savoir l'élan civique du Shaykh Tijânî, en tant que citoyen marocain, issu de Aïn Mâdî», un des centres religieux du Sahara oriental. Son choix de Fès, capitale de l’empire, auréolée par son édificateur, Idriss II, est très significatif
La nouvelle Tarîqa Tijânia, ainsi dépouillée de toute fissure hérétique, finit par avoir un grand impact, qui incita le Sultan lui même à s'y intégrer. De hautes personnalités, accoururent de toute l'Afrique, attirées par l'éclat du célèbre réformateur dont l'avènement fut une réplique vivante au mouvement wahhâbite naissant. Le Tunisien, Shaykh al Islam Ibrâhîm Riyâhî et ses collègues (en-Nifer et Achour), le Mauritanien Mohammed al Hâfidh et tant d'autres, eurent l'heur de participer à l'expansion de la confrérie en Afrique. Une liste 4 de plus de cinq cents érudits africains figuraient, parmi les premiers disciples du Shaykh.
4 Cités avec leur éminente biographie, par, le grand traditionniste Mohammed al Hajouji de Demnât (décédé en l'an 1370 H / 1950 ap. J) dans son ouvrage manuscrit, Feth al Allâm.


WAZIFA TIDJANE : L’empreinte de Cheikh Ahmet Tidjane Chérif

Dans la confrérie tidjane, l’on ne cherche pas, seulement, à aller au paradis. Mais, l’on exalte Dieu pour avoir sa récompense et son agrément et bénéficier de son recours. Et cela passe par certaines pratiques tirées du Coran et la tradition du Prophète Mohamed (Psl). Ce sont ces deux éléments qui sous-tendent, l’institution de la wazifa, devenue une obligation pour les adeptes de cette confrérie. Cette pratique est une compilation d’invocations qui ont été révélées à Cheikh Ahmet Tidjane Chérif par le Prophète et par une dictée divine.
WAZIFA TIDJANE - L’empreinte de Cheikh Ahmet Tidjane Chérif
Des voix, d’une nette harmonie, s’élèvent des haut-parleurs des mosquées. Accompagnant les premiers rayons du Soleil à son lever et les derniers reflets d’or au coucher. Un ton qui change et un tempo adapté à la texture de chaque texte récité. Les notes sont les mêmes partout où la mélodie est entonnée. Une mélodie divine chantée en chœur, au matin comme au soir, dans la majorité des mosquées du Sénégal. Et d’ailleurs. Ce spectacle sonore est familier aux Sénégalais. Il fait désormais partie du quotidien des populations. Ces chants, d’un contenu religieux, ne sont nullement du domaine de l’ordinaire. Cette pratique journalière propre aux adeptes de la confrérie Tidjanya est appelée la «wazifa». Elle se fait dans la pénombre et autour d’un morceau de linceul étalé sur le sol. Plus qu’une simple image pittoresque, elle a aussi un sens et une signification.
En effet, la «wazifa» est un des rites les plus importants de la confrérie fondée par Cheikh Ahmet Tidiane Chérif, il y a plus d’un siècle. La pratique de la «wazifa», tout comme le wird et le lazime, est obligatoire à tout fidèle ayant reçu l’autorisation de la part d’un dignitaire assermenté. Cette liturgie puise sa source dans l’essence même de la confrérie Tidjanya. Laquelle a été tracée par le Prophète Mohamed (Psl) qui a institué les rites.
Seulement, selon les éclairages de l’islamologue, le Professeur Abdoul Aziz Kéké, «la composition de la Wazifa ne s’est pas révélée sur Cheikh Ahmet Tidiane d’un seul trait. Au début de son institution, la wazifa était composée de deux séquences que sont l’Istikhfar ou invocation de pardon et de retour à Dieu et la prière sur le Prophète. Ce n’est que 4 ans après qu’elle est complétée car, le Prophète Mouhamed ordonne au fondateur du tidjanisme d’adjoindre à cette liturgie la formule attestant de l’unicité de Dieu et la Jahwaratoul Kamal».
RECONNAISSANCE AU PROPHETE
Les choix des séquences qui composent la «wazifa» ne sont pas fortuites dans la mesure où, selon Pr Kébé, «elles sont en rapport et en conformité avec les fondements de l’Islam, les recommandations de Dieu et les enseignements du Prophète (Psl)». En effet, la récitation de la formule d’invocation du pardon trouve sa source sur les versets suivants : «Demandez pardon à votre Seigneur ; ensuite, revenez à Lui. Il vous accordera une belle jouissance jusqu’à un terme fixé, et il accordera à chaque méritant l’honneur qu’il mérite. Mais si vous tournez le dos, je crains alors pour vous le châtiment d’un grand jour.» «Ô mon peuple, implorez le pardon de votre Seigneur et repentez-vous à Lui pour qu’Il envoie sur vous du ciel des pluies abondantes et qu’Il ajoute force à votre force. Et ne vous détournez pas [de Lui] en devenant coupable.» (Sourate Hûd). A ces versets, s’ajoute un autre tiré de la sourate Nûh dans laquelle Dieu dit : «Implorez le pardon de votre Seigneur, car Il est grand Pardonneur, pour qu’Il vous envoie du ciel, des pluies abondantes et qu’Il vous accorde beaucoup de biens et d’enfants, et vous donne des jardins et vous donne des rivières.» Ainsi, Pr Kébé explique qu’à la lumière des promesses faites par le Tout-Puissant dans ces versets, «la récitation de la formule du pardon est la voie la plus indiquée pour avoir le bonheur ici et dans l’au-delà».
Il s’y ajoute que la seconde séquence de la liturgie constituée d’une prière sur le Prophète (Psl) ou Salatou alaa nabi résulte d’une recommandation divine. De même que cette prière est une manière de magnifier la reconnaissance à Mohamed (Psl) d’avoir permis à sa communauté d’ouvrir le trésor que constitue Dieu. Mais, il convient de souligner qu’il y a une pléthore de Salatou alaa nabi. Mais, celle utilisée dans la «wazifa» et dans les autres rites de la Tidjanya présente d’autres mérites, d’où son nom salatoul fatihi. D’ailleurs, révèle-t-on que la salatoul fatihi est «la prière sur le Prophète par excellence. Car, aucune autre prière sur le Prophète n’atteint, dans sa valeur ésotérique, la valeur de la salatoul fatihi. Elle a été prescrite à Cheikh Ahmet Tidjane du fait de son caractère sublime et eu égard à sa sainteté». A en croire Pr Kébé, cette formule a été transmise au Cheikh par le Prophète (Psl) en état de veille.
L’ARDOISE
Toutefois, d’autres sources rapportent que «les compagnons de Mohamed (Psl), voulant mettre en application le verset coranique qui ordonne aux musulmans de prier pour le Prophète, sont allés vers l’envoyé de Dieu pour qu’il leur donne la formule de prière. Car la prière pour le Prophète n’est pas pareille à la prière canonique. Le Prophète leur transmet alors la Salat al Ibrahimiyya. Celle-ci, si on l’analyse bien, montre qu’elle ne constitue pas dans son essence en une prière propre au Prophète, mais elle constitue plutôt une comparaison entre la prière faite pour Ibrahim, l’ancêtre de Mouhamed, et celle que l’on devrait faire pour le Prophète lui-même».
Ainsi, quand les soufis, après le Prophète, se sont rendus compte de cette comparaison, nombre d’entre eux ont commencé à faire des retraites spirituelles dans le but de découvrir la prière sur le Prophète. C’est Muhammad al Bikri qui a eu l’honneur de découvrir, grâce à Dieu, la prière. «Il a reçu la salatoul fâtihi. Elle était inscrite sur l’ardoise d’une manière assez curieuse car, quelle que soit la position de l’ardoise, le texte restait accessible et lisible. Il ne suivait pas les déclinaisons de son support matériel», rapporte-t-on.
Cependant, selon la tradition, Muhammad al Bikri a reçu l’ordre de ne pas inclure cette prière dans ses rites car, elle est réservée par le Prophète pour un de ses descendants qui fondera une confrérie. Et ce dernier n’est personne d’autre que Cheikh Ahmet Tidjanî, fondateur de la confrérie des Tidjanes. De par cette prière sublime, le fidèle Tidjane acquiert de la lumière et purifie son âme et son cœur au point qu’il n’y ait aucune crasse.
Autre élément qui compose la «wazifa» et qui atteste de l’inspiration de la lithurgie aux recommandations divines, c’est la Jahwaratoul kamal. Une invocation par laquelle l’on montre que «le Prophète est l’antichambre de Dieu. C’est le passage obligé pour accéder au Tout-Puissant. De même que Mohamed est le réceptacle de tous les biens provenant de Dieu et qu’il se charge de les distribuer». Pr Abdoul Aziz Kébé ajoute que les qualités du Prophète exaltées dans le texte démontrent «la relation réflexive entre lui et son Créateur». Seulement, la Jahwaratoul kamal est une séquence très importante dans la composition de la wazifa compte tenu de son essence.
LA DICTEE…DE DIEU ET LE CODE
Des explications de l’islamologue, il ressort que cette invocation dépasse le domaine de l’humain. D’ailleurs, témoigne-t-il «qu’elle a été révélée à Cheikh Ahmet Tidjane en lettres d’or. Il l’a reçu sous forme d’une dictée venue du ciel. Cette révélation peut provenir de l’inspiration ou d’une dictée dont on ne saisit pas la voix de l’auteur». Mais, fait-il remarquer que «la texture et la composition du texte, ajoutées à la combinaison des séquences, prouvent que le texte est loin du domaine de l’ordinaire».
D’ailleurs, Pr Kébé déduit que «le texte du Jahwaratoul kamal renvoie à des sphères célestes, à la dimension de Dieu et à la personnalité de son Envoyé. Or, personne n’est habituée à ces espaces célestes autre que le Tout-Puissant». Outre son sens, le Jahwaratoul kamal est le code d’accès au Prophète. En effet, Pr Kébé confie que «Mohamed (Psl), accompagné de ses fidèles dont Cheikh Ahmet Tidjane, s’invite à la ronde de la wazifa à la septième récitation de cette invocation». Et compte tenu de son origine et de son sens, il est indiqué que le Jahwaratoul kamal ne doit pas être récité sans purification absolue du corps et du lieu.
Cependant, on peut remplacer les 12 Jahwaratoul kamal de la «wazifa» par 20 salatoul fatiha. Si on est dans un groupe, on peut réciter les 20 salatoul fatikha à voix basse au moment où le groupe récite le Jahwatoul kamal. Il est précédé dans la composition de la «wazifa» par la formule de l’unicité de Dieu.
DISCIPLINE SPIRITUELLE
A la révélation de cette liturgie, il a été prescrit à Cheikh Ahmet Tidjane de l’instituer une fois dans la journée. C’est El Hadji Malick Sy qui a ordonné aux fidèles de la pratiquer deux fois : le matin et le soir. Cette révolution apportée par Maodo dans la «wazifa» n’est pas fortuite en ce sens que «les moments choisis coïncident avec les instants où Dieu diffuse ses affluences dans les mosquées». Outre cet argument, la volonté de El Hadji Malick était aussi d’inciter les fidèles tidjanes à se départir du futile pour le futile.
La pratique de la «wazifa», outre qu’elle facilite l’accès du fidèle à Dieu et promeut sa proximité avec le Prophète, vise aussi à astreindre au fidèle une discipline spirituelle à travers son corps, son âme, son sang et ses organes. De même, impose-t-elle à celui qui la pratique une autre discipline qui est celle de l’écarter de la commission de péchés. Selon Pr Kébé, «la permanence de la wazifa est la meilleure voix pour être en contact avec le Prophète. Et l’exemple de Cheikh Omar Foutiyou Tall est assez révélateur de ce fait». D’après les confidences de l’islamologue, «le Cheikh n’a jamais cessé de communier avec Mohamed (Psl) au point que certaines personnes le sollicitaient pour une intercession auprès de lui».
PENOMBRE ET LINCEUL
Seulement, la «wazifa» est pleine de symboles en ce sens qu’elle se pratique dans la pénombre et autour d’un morceau de linceul étalé sur le sol. Ce contraste entre l’obscurité et le blanc est rempli d’enseignements, si l’on en croit les explications du Pr Kébé. A son avis, «il s’agit, en ce moment, de reproduire les réalités du cosmos». Autre argument évoqué pour justifier la pénombre, «c’est pour éviter la distraction des fidèles lors de la séance. En plus, l’obscurité peut produire de la lumière spirituelle».
Le linceul étalé sur le sol est apparu dans la wazifa par tradition mais, il n’est pas une obligation. D’après l’islamologue, «l’essence de cette pratique était de barrer le passage de personnes étrangères dans le cercle des fidèles. Mais aussi, le blanc qu’il symbolise est le reflet de la pureté, un état auquel tout musulman est astreint». Le linceul est aussi une stra-tégie pour rappeler au fidèle le sort qui lui sera réservé à sa mort. «Du moment que chacun sera enveloppé de ce linceul, celui qui pratique la wazifa se gardera de commettre des actes répréhensibles en ce sens qu’il aura toujours en mémoire ce moment où il sera livré à Dieu. Seul avec ses actes», rappelle Abdoul Aziz Kébé.